En dépit des assurances des médecins quant aux bienfaits de la vaccination contre le Covid-19, le scepticisme demeure. Certains doutent de l’efficacité d’un antidote nouveau fabriqué en un temps de record et craignent des effets secondaires. Pour les rassurer, le professeur Kamel Senhadji plaide la confiance et rappelle qu’il y a «des règles scientifiques sur la base desquelles sont fabriqués les vaccins» grâce auxquelles des maladies mortelles ont été vaincues.

L’appréhension de se faire vacciner contre le nouveau coronavirus peut être vaincue par un travail de communication et de sensibilisation envers la population réticente, en mettant en exergue que c’est un produit qui obéit à des règles scientifiques, a estimé le Pr Kamel Senhadji, président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS).
En effet, malgré les assurances des médecins et professeurs quant aux bienfaits de la vaccination contre le Covid-19. Il y en a qui doutent toujours quant au fait de se faire vacciner avec un produit nouveau. Ce qui a fait dire au Pr Senhadji qu’il y a «une peur plus grande vis-à-vis du vaccin que du virus lui-même». Or, il y a «des règles scientifiques sur la base desquelles sont fabriqués les vaccins», a-t-il argumenté lors de son passage, hier, sur les ondes de la Radio nationale, rappelant que lui-même avait, auparavant, travaillé sur un vaccin.
Dans son plaidoyer pour la vaccination, le président de l’ANSS a, également, mis en avant que «depuis un siècle, la mortalité due aux maladies infectieuses a diminué de 50% grâce à l’utilisation des vaccins». Ce qu’il considère comme important à savoir, étant donné que cela contribue à sauver des vies. Mais pour que ce message arrive à la population, il faut un travail persévérant en termes de sensibilisation et de communication, de l’avis de ce spécialiste en immunologie qui reconnait une défection en la matière. «On ne sait pas communiquer pour faire passer le message aux citoyens. Et pas seulement chez nous, mais dans le reste du monde aussi», a-t-il estimé.
Il a étayé ses propos en faisant référence à un sondage en Europe et en France particulièrement, à travers lequel 60% de la population sondée avait exprimé son refus de se faire vacciner. Il continue en relatant qu’environ deux semaines après le début de la vaccination dans ces pays, le taux de refus s’est inversé au profit du «oui» et près de 64% des sondés ont donné un avis favorable pour recevoir l’antidote au Covid-19 après avoir vu que les premières vaccinations n’ont pas eu d’effets secondaires. Pour lui, l’être humain a besoin d’être convaincu scientifiquement et, bien sûr, par le biais de tous les moyens de communication possibles (médias, réseaux sociaux).
A propos des effets secondaires, le Pr Senhadji a expliqué qu’après l’étude des dossiers des vaccins, il a été noté que «les effets secondaires répertoriés sont les mêmes que ceux des autres vaccins que nous connaissons, comme le BCG, la poliomyélite. Il s’agit de rougeur au niveau du point d’injection, de petites crampes, etc. mais il n’y a pas d’effets dangereux». Il a, en revanche, noté que le vaccin de Pfizer-BioNTech est déconseillé pour les personnes qui ont des allergies, ce qui n’est pas exceptionnel et ça arrive dans pas mal de cas quand des gens sont allergiques à certains produits.
Mais le plus important à savoir, c’est qu’il y a des maladies pour lesquelles la vaccination est absolument interdite. Il s’agit des malades qui ont un «déficit du système immunitaire», a indiqué ce spécialiste en immunologie. Le Pr Kamel Senhadji a cité l’exemple des «malades ayant reçu une greffe d’organe, comme le cœur ou le rein». Ceux-là doivent continuer d’observer les mesures de prévention et à se confiner, a-t-il fortement recommandé, ajoutant que les femmes enceintes ne doivent pas non plus se faire vacciner.
Par ailleurs, le Pr Senhadji est revenu sur les raisons qui ont fait que l’Algérie ait opté pour plusieurs vaccins, expliquant qu’un seul fabricant ne peut pas mettre à disposition toutes les doses dont a besoin un pays. «Dans une situation normale, il est préférable de choisir un seul vaccin, Mais l’urgence sanitaire dans laquelle se retrouvent les pays pour acquérir l’antidote et la demande qui dépasse les milliards de doses a poussé l’Algérie à acquérir plus d’un vaccin», a-t-il révélé.
C’est donc ce qu’a fait l’Algérie puisqu’elle va acquérir l’anti-Covid-19 auprès de la Russie (500.000 doses de Spoutnik V en janvier) et de la Chine (vaccin Sinopharm, quantités non encore déterminée mais devant arriver en janvier), en plus du vaccin britannique d’AstraZeneca-Oxford dont le nom a été révélé récemment par le ministre de la Santé et que l’Algérie pourrait recevoir au début de février prochain.
«Il y aura encore d’autres vaccins», a réitéré le président de l’ANSS. Il a assuré, dans ce sens, que l’Agence qu’il dirige avec un groupe composé essentiellement de spécialistes en immunologie ont étudié les dossiers de 8 à 10 antidotes qui étaient alors en course avant de les présenter aux autorités avec les recommandations nécessaires pour les aider à prendre la décision adéquate. «Dans notre étude et notre choix, on s’est basé sur l’efficacité et la sécurité des vaccins», a-t-il dit, précisant avoir étudié aussi bien les dossiers des fabricants que les publications sur les revues scientifiques de renom qui font foi en la matière. Il a, ainsi, assuré que l’agence qu’il préside a, par anticipation, étudié dans le détail l’efficacité et la sécurité des vaccins à acquérir, soutenant que jusqu’à présent, la vaccination reste la seule solution pour arrêter la transmission du coronavirus.