Les biologistes alertent sur les risques d’automédication aux antibiotiques sans l’avis d‘un médecin. Principalement visées par cette alerte, les personnes présentant des symptômes similaires à ceux de la maladie de coronavirus et qui optent pour la prise d’un médicament sans l’avis d’un médecin.
Ce phénomène a gagné du terrain, ces derniers jours, avec la saison hivernale qui ouvre systématiquement la voie à la grippe, dont les symptômes se confondent inévitablement avec ceux de la Covid-19. D’où la montée au créneau des biologistes pour prévenir contre une automédication qui tend, elle aussi, à s’implanter dans les mœurs des Algériens. Ce corps médical a décidé de passer à l’action en entamant, depuis hier, une campagne de sensibilisation sur les dangers de l’automédication et de l’usage abusif des antibiotiques.
Les biologistes s’inquiètent et le secrétaire général du Syndicat algérien des biologistes de la santé publique (SABSP), Youcef Boudjelal, note que «les citoyens se procurent les antibiotiques depuis la propagation du coronavirus dès le moindre éternuement sans prescription médicale, sans ordonnance et sans se faire dépister, alors que les risques sont importants».
Sauf que «se soigner seul n’est pas sans risques», prévient-il, sachant que «l’usage abusif des antibiotiques peut entraîner de graves conséquences», tient-il à expliquer. Notre interlocuteur rappelle à ce sujet que les antibiotiques sont des médicaments utilisés pour traiter et prévenir les infections bactériennes. Mais, «leur utilisation de manière anarchique et abusive est responsable de l’augmentation des résistances bactériennes aux antibiotiques», nuance-t-il, soulignant qu’il y a «une résistance qui se développe lorsqu’une bactérie se transforme et développe des mécanismes de défense diminuant ou annulant l’action des antibiotiques qui la combattent».
Interrogé par ailleurs, sur les craintes des vaccins contre la Covid-19, exprimées par certains, Youcef Boudjelal se veut plutôt rassurant. Faisant remarquer qu’il n’y a aucune publication scientifique qui alerte des risques des vaccins à base de matériel génétique. «Le vaccin à base de matériel génétique dit ARN messager ne représente aucun danger sur la santé et le matériel génétique de l’être humain», fait-il savoir. Soulignant qu’il s’agit «d’une technique qui consiste à injecter une partie du matériel génétique d’un virus dans l’organisme pour induire une réponse immunitaire contre ce même virus». Et de préciser que «cette technique a été déjà utilisée dans les vaccins anti-cancéreux, sans qu’elle n’entraîne des modifications sur le matériel génétique de l’humain».
Sur un autre volet, le secrétaire général du SABSP a salué l’initiative du gouvernement qui a décidé l’octroi d’aides financières aux citoyens dans les frais engagés pour les examens de scanner et autres tests PCR et antigéniques pour diagnostiquer les contaminations à la Covid-19. «Le syndicat exprime toutefois des réserves», dit-il, car «c’est bien que l’Etat prenne une partie des frais de diagnostic, mais les catégories les plus démunies ne pourront pas assurer l’autre partie, notamment lorsque cela concerne plusieurs membres d’une même famille», explique M. Boudjelal, avant d’appeler à l’intervention de la Sécurité sociale en cette période de crise sanitaire pour l’amélioration des remboursements des prestations médicales relatives à la Covid-19. «Nous nous sommes rapprochés de la Cnas qui nous a expliqués que les faibles cotisations des assurés ne permettaient pas d’assurer une partie des charges liées aux prestations médicales liées au coronavirus», précise-t-il à propos.