Sanitairement, le monde n’est pas au point. Les économies des clubs aussi. En raison de la propagation du coronavirus, les différents championnats sont à l’arrêt depuis presque un mois. Ce gel ne serait pas sans conséquences. Désormais, c’est l’existence de certains clubs fragiles économiquement qui est menacée.

C’est une véritable course contre la pandémie et le temps. Chaque semaine qui passe sans que des matchs se jouent, c’est beaucoup de pertes pour les clubs. Le football est à l’arrêt ainsi que les entrées d’argent. Les dépenses, quant à elles, restent continues. Notamment avec les charges salariales faramineuses dans certaines écuries qui ont un mammouth bien graissé. D’ailleurs, même les grosses écuries footballistiques pensent déjà au plan de sauvetage afin de dépasser cette crise économico-sanitaire.
Au FC Barcelone, les baisses de salaires ont été envisagées. Il y aussi el chômage partiel qui prévoit des réductions à hauteur de 20% des indemnités mensuelles des joueurs dans certaines ligues. Néanmoins, en Angleterre par exemple, les syndicats de footballeurs sont trop puissants et les contrats protègent les « employés » de ces ponctions. D’ailleurs, le syndicat des joueurs, la Professionnal Footballer Association (PFA), cautionne le «reports de salaires» uniquement. Certes, la Premier Lague reste le championnat le plus bankable. Mais si la crise dure, les répercussions ne tarderont pas à se faire ressentir.
Prémices d’un désastre ?
Somme toute, le chiffre est là. Le fait que les cinq grands championnats en Europe (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne et France) soient annulés causerait une perte sèche à hauteur de 4 milliards d’euros. C’est le montant évalué dans rapport du cabinet d’étude KPMG.
D’autres déficits pourraient y être ajoutés comme dommages collatéraux d’un exercice qui se transforme, au fil des jours, en cauchemar. D’ailleurs, la Ligue 1 Conforama (France) pense que le déséquilibre serait à plus de 1 milliard d’euros. Soit le double des 480 millions d’euros estimés par le cabinet d’audit néerlandais qui s’est penché sur cette étude. Dans cette détresse, l’UEFA a joué le pompier en dégageant la voie. Elle a, littéralement, décidé de déclarer l’EURO-2020 pour l’été 2021. Et ce, pour permettre une éventuelle reprise des championnats au mois de juin.
Après, il y a le marché de transferts estival auquel on devra, peut-être, dégoter une nouvelle fenêtre. Surtout qu’il y a des joueurs dont les contrats expirent durant ce mois. Il faudra trouver une dérogation contractuelle.
Administrativement, c’est possible. Mais il faut savoir que ça ne sera pas sans répercussion sur les finances sachant que « la quote-part annuelle des indemnités de mutation sont étalées sur la durée du contrat des joueurs.» Surtout quand il s’agit de grosses sommes. L’échelonnement sera perturbé. Ces dernières années, le mercato a basculé dans une fièvre acheteuse sans précédents. Les coups de folies pourraient causer une véritable inflation financière qui pourrait menacer tout le modèle économique. A partir de là, cette perte de 4 milliards d’euros est comme une bombe à retardement. Il faudra la désamorcer. Pour cela, mener à terme les différents challenges devient vital. Plus le COVID-19 dure, plus les caisses se vident. Le spectre de la faillite est bel et bien présent pour un sport qui a toujours eu des goûts de luxe. n