La situation épidémique due au nouveau coronavirus en Algérie s’est améliorée. Tel est le constat du Directeur général de l’Institut Pasteur Algérie (IPA), Fawzi Derar, qui s’est voulu rassurant, s’appuyant sur les chiffres enregistrés ces dernières semaines et qui sont en constante baisse et à la lumière de différentes autres données.

«La situation épidémique s’est améliorée et nous avons dépassé l’étape particulièrement difficile de la pandémie que nous avons connue aux mois de mai et juin derniers. Depuis la fin de juillet, la situation a commencé à se stabiliser et, aujourd’hui, nous pouvons dire que nous avons une courbe qui est dans une tendance baissière», a déclaré Dr Derar, lors de son passage, hier, à la Radio nationale. Pour étayer ses propos concernant l’amélioration de la situation, le Directeur général de l’IPA cite les hôpitaux qui ne connaissent plus la même pression qu’avant, la réduction du nombre de malades en réanimation, ainsi que les laboratoires qui n’ont plus le même afflux important. «Ce sont autant de signaux qui démontrent que la situation est meilleure qu’avant», a-t-il dit.
Les déclarations du Directeur général de l’IPA, si elles sont rassurantes quant à une situation épidémique meilleure comparativement à celle vécue en mai-juin, soulève toutefois quelques interrogations, notamment concernant la rentrée scolaire et universitaire dont des dates ont été avancées mais aucune fixée pour le moment. Le Premier ministre a clairement déclaré, par deux fois, que la date de la rentrée n’est pas encore fixée et qu’elle dépendra du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie. En fait, cela dépend de la situation épidémique et c’est le Comité scientifique qui étudie la situation.

La rentrée scolaire et universitaire toujours dans le flou
A ce propos, il faut savoir que ledit Comité intervient à «titre consultatif» et que cela ne relève pas de ses prérogatives de décider une date de reprise de telle ou telle activité. Son rôle est d’étudier la situation épidémique et d’établir les protocoles sanitaires pour tous les secteurs, y compris celui de l’Education nationale, donc ces écoles. C’est ce qu’a confirmé Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique.
«Nous n’avons pas encore été saisis par rapport à la date de la rentrée scolaire. Au comité, nous sommes avec l’idée de l’amélioration constante et de la consolidation de la tendance baissière des contaminations qui augure de la reprise progressive de toutes les activités y compris la rentrée scolaire», a-t-il affirmé dans une déclaration à TSA, soulignant que la décision finale ne relève pas des prérogatives du Comité scientifique. «Il faut comprendre que la décision, que ce soit pour la réouverture des frontières ou pour la rentrée scolaire, revient aux autorités, cela en fonction de ce que dira le Comité scientifique. Au comité, on ne peut pas décréter de date de la rentrée scolaire. C’est une décision du gouvernement tout comme la réouverture des mosquées. Les protocoles ont été faits mais la question est de savoir s’ils sont applicables», a ajouté Dr Bekkat Berkani, qui est également président du Conseil national de l’ordre des médecins. Le plus important, selon lui, c’est d’abord de «consolider les chiffres avant de fixer une date pour la reprise», car «le problème, c’est qu’on fasse la rentrée scolaire et qu’on soit amené à fermer à nouveau, ça va être encore plus difficile à accepter. La condition à prendre en compte est que la situation épidémiologique soit stable», a-t-il soutenu, rappelant que «le virus est toujours parmi nous» et qu’il faut «apprendre à vivre avec, en respectant les gestes barrières». Cette affirmation trouve tout son sens lorsqu’on sait que beaucoup de pays dans le monde vivent une véritable recrudescence de la pandémie ces derniers jours, atteignant parfois même des records du nombre de cas.
A ce propos, l’invité de la Radio nationale, Dr Darar, s’est, par ailleurs, prononcé sur les dernières mises en garde de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant une «forte hausse des cas de Covid-19 durant les deux prochains mois, octobre et novembre. Il a estimé que ces alertes ne concernent pas tant l’Algérie que les pays européens et les Etats-Unis».
Il s’explique : «Les prévisions de l’OMS sont rationnelles si l’on considère plusieurs facteurs réunis, à savoir une baisse de la température avec l’arrivée de l’automne, la rentrée sociale, la rentrée scolaire, etc., notamment dans beaucoup de pays européens. Cela permet à un grand nombre de personnes d’être en contact direct dans des endroits fermés… Ce sont autant de signes qui préfigurent d’une hausse des contaminations, surtout qu’actuellement de nombreux pays européens ainsi que les Etats-Unis connaissent déjà une forte hausse des cas de Covid-19». En effet, beaucoup de pays sont actuellement dans une situation très délicate. «De la France au Canada en passant par le Royaume-Uni, les tours de vis sanitaires se multiplient dans le monde face à la progression galopante de la pandémie de Covid-19, les gouvernements cherchant à tout prix à éviter un reconfinement aux conséquences économiques désastreuses», rapporte l’AFP, soulignant que la situation des chiffres ces jours-ci devrait inquiéter tout le monde. Rappelons qu’un nouveau record des contaminations a été enregistré dimanche dernier, atteignant, selon l’OMS, près de 308 000 cas confirmés en vingt-quatre heures.