Les pertes humaines suite à l’épidémie du nouveau coronavirus s’élèvent à plus de 3 000 morts jusqu’à hier lundi. L’économie mondiale n’est pas en reste et se trouve, elle aussi, impactée par la propagation du virus qui a mis en alerte gouvernements et institutions de santé. Dans certains pays, on n’hésite pas à exhiber le spectre de la récession, comme c’est désormais le cas en Allemagne et en Italie, où la croissance économique tend à accuser le pas. En matière de propagation du virus, si le nombre de morts a dépassé la barre des 3 000 à travers le monde, en Chine, le nombre de cas enregistrés lundi est le plus faible depuis l’apparition du virus fin 2019. En effet, les 202 nouveaux cas signalés en Chine en ce lundi 2 mars représentent la plus faible hausse quotidienne depuis fin janvier. Cependant, bien que l’épidémie de Covid-19 semble faiblir en Chine, où des mesures draconiennes visent plus de 50 millions de personnes, elle continue de s’aggraver dans plusieurs pays. Un second cas a été ainsi signalé en Egypte, pays qui avait annoncé mi-février le premier cas sur le continent africain. Le porteur de la maladie est un ressortissant étranger dont la nationalité n’a pas été précisée. Cette annonce survient alors que les touristes sont de retour dans le pays après plusieurs années difficiles liées aux troubles qui ont éclaté après la révolte de 2011. Un deuxième décès a également été annoncé aux Etats-Unis, où 21 cas ont été recensés, auxquels s’ajoutent 47 malades rapatriés de l’étranger. D’autres patients diagnostiqués ces derniers jours n’avaient aucun lien connu avec un foyer de l’épidémie, ce qui laisse à penser que la maladie commence à se propager sur le sol américain, encore très épargné. En Italie, quelque 500 nouveaux cas ont été recensés dimanche, un bond spectaculaire qui porte le nombre de contagions à près de 1 700 dans le pays alors que 5 nouveaux décès ont par ailleurs été rapportés, portant le bilan à 34 morts dans la péninsule, toujours dans trois régions du nord du pays: Lombardie, Emilie-Romagne et Vénétie. Quant à la Corée du Sud, deuxième pays le plus touché après la Chine, elle a recensé lundi près de 600 cas supplémentaires et 8 nouveaux décès, pour un total de plus de 4 300 contaminations, dont 26 mortels.

La Thaïlande, qui a enregistré 43 cas de contamination, a fait état lundi de son premier décès, un Thaïlandais de 35 ans qui souffrait également de la dengue.

Risque de récession
Les conséquences de l’épidémie peuvent aussi être d’ordre économique. Le commissaire européen chargé du Marché intérieur, Thierry Breton, a évoqué un risque de récession en Allemagne et en Italie en début d’année. Pour sa part, l’OCDE a ramené lundi sa prévision de croissance planétaire de 2,9% à 2,4% et mis en garde contre un scénario encore plus noir «si l’épidémie devait s’aggraver».
Les marchés ont subi la semaine dernière leur plus forte dégringolade depuis la crise financière de 2008 tandis que la Bourse de Tokyo s’est reprise lundi ainsi que les places chinoises. L’indice vedette Nikkei, qui avait lâché près de 10% sur l’ensemble de la semaine dernière, a regagné 0,95%. Shanghai a pris 3,15% et Hong Kong 0,62%.
Devant l’impact du coronavirus sur la croissance mondiale, les ministres des Finances du G7 et ceux de l’Euro Groupe s’entretiendront cette semaine par téléphone pour «coordonner leurs réponses», a annoncé le ministre français, Bruno Le Maire. Ce dernier s’attend d’ailleurs à des conséquences pour l’économie française plus importantes que prévu jusqu’à présent. « Maintenant que l’épidémie touche beaucoup plus de pays, notamment la France, l’impact du coronavirus sur la croissance française sera beaucoup plus significatif que ce qui était attendu lorsque le coronavirus se limitait à la Chine», a-t-il estimé.
La France, nouveau foyer aigu de la contamination en Europe, recense 130 cas et 2 morts au moment où le Musée du Louvres, lieu emblématique du tourisme dans la capitale française, qui a accueilli 9,6 millions de visiteurs en 2019, était resté fermé dimanche, jour de week-end. Le secteur touristique européen «a perdu deux millions de nuitées hôtelières depuis janvier en raison de l’épidémie de coronavirus», a indiqué lundi le commissaire européen Thierry Breton, qui évalue à «un milliard d’euros en moins par mois les pertes pour l’industrie touristique». Signe de l’alerte, le Salon du livre de Paris, grand rendez-vous de l’édition francophone qui devait se tenir du 20 au 23 mars, a été annulé.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a porté le niveau de la menace à «très élevé», son degré maximum, mettant en garde contre « l’erreur fatale» de se croire à l’abri du Covid-19. L’agence des Nations unies a rappelé que les symptômes étaient bénins pour la plupart des malades, sérieux (pneumonies) pour 14% d’entre eux et que 5% des personnes atteintes se trouvaient dans un état critique.
Le taux de mortalité semble être de 2 à 5%, selon l’OMS, qui a pressé dimanche les pays à travers le monde de s’approvisionner en dispositifs médicaux d’assistance respiratoire, indispensables pour traiter les patients atteints de la forme sévère de la maladie.