753 nouveaux cas de contamination au coronavirus ont été enregistrés, hier. Un chiffre historique depuis l’apparition de l’épidémie en Algérie au début du mois de mars dernier. Un record qui explique davantage pourquoi le choix du gouvernement Djerad d’opérer un retour au confinement partiel. La quinzaine qui débute sera décisive pour le bilan de lutte contre la maladie.

L’indiscipline et le relâchement ont eu un prix, celui d’une montée en flèche des cas confirmés. Un nouveau record a été en effet enregistré non seulement pour les nouvelles contaminations, mais également pour les décès. L’Algérie a enregistré 753 cas confirmés durant les dernières vingt-quatre heures, ce qui constitue une hausse sensible comparativement au record de 675 cas recensés le 24 juillet dernier. Depuis, la courbe épidémique s’était maintenue en phase plateau pendant plusieurs semaines avant d’amorcer une baisse progressive il y a un environ un mois. La hausse des cas est également considérée comme importante comparativement à la veille (642 cas). Quant aux décès, ils se sont établis à 15 durant les dernières vingt-quatre heures, alors qu’ils n’avaient jamais dépassé les quatorze.
Ces résultats étaient prévisibles et sont le prix du relâchement d’une bonne partie de la population qui a délaissé les gestes barrières en pensant que la pandémie était «derrière nous» avec l’allègement des mesures de confinement qui étaient alors en vigueur.
Les professionnels de la santé ainsi que les autorités sanitaires n’ont, pour leur part, jamais cessé de répéter que «le virus est toujours parmi nous» et qu’il faudrait plutôt «apprendre à vivre avec». Devant la hausse progressive des cas dont le nombre s’approchait dangereusement des niveaux de l’été dernier, période durant laquelle la pandémie avait atteint son paroxysme en Algérie, il ne s’est pas passé un seul jour sans que les personnels de la santé lancent des alertes et tirent la sonnette d’alarme quant à ce qu’il pourrait advenir si l’ensemble de la population continuait à ne pas se conformer scrupuleusement aux gestes barrières. Les dernières mises en garde du gouvernement, notamment depuis mercredi dernier, versaient dans le même sens et appelaient à plus de vigilance afin d’éviter une situation dramatique. D’ailleurs, avant même d’arriver à ce triste record, il y a une semaine, le Pr Ryadh Mahyaoui avait même qualifié la situation d’«alarmante, préoccupante et critique». De nombreux autres médecins et professeurs de différentes régions du pays, dont des responsables au niveau des hôpitaux et des services Covid, ont pointé du doigt le relâchement d’une partie de la population qui ne respecte pas les principales mesures de prévention que sont le port obligatoire du masque et la distanciation physique.
Ils ont également alerté qu’il y a de plus en plus de cas graves qui arrivent dans les hôpitaux. Dans ce contexte, on notera que 56 personnes étaient en soins intensifs hier, selon le bilan présenté par le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Dr Djamel Fourar. Quoi qu’en baisse, ce chiffre reste élevé par rapport à la moyenne enregistrée avant la recrudescence de la pandémie. Concernant les guérisons, elles se sont établies à 301 durant les dernières vingt-quatre heures.
Le total des cas confirmés s’élève, désormais, à «63.446 dont 753 nouveaux cas, soit 7,1 cas pour 100.000 habitants lors des dernières 24 heures, celui des décès à 2.077 cas, alors que le nombre de patients guéris est passé à 42.626», a précisé Dr Fourar lors du point de presse quotidien consacré à l’évolution de la pandémie de Covid-19. Par ailleurs, 10 wilayas ont recensé durant les dernières vingt-quatre heures moins de 9 cas, 22 n’ayant enregistré aucun cas, alors que 16 autres ont enregistré plus de 10 cas, selon le même responsable.
Maintenant que la deuxième vague de coronavirus se confirme en Algérie, il ne s’agit plus de rester dans le cadre de la seule sensibilisation, mais d’aller vers des mesures coercitives. C’est l’avis du Pr chef de service à l’Etablissement public hospitalier (EPH) de Rouiba qui a «regretté l’absence de fermeté et de mesures coercitives comme c’était le cas au début de l’apparition de cette pandémie». Pour lui, les citoyens ont été mis en confiance quand ils ont vu les chiffres baisser, ce qui explique en grande partie le relâchement.