Six nouveaux cas de variant britannique et 15 autres du variant nigérian du coronavirus ont été dépistés, a annoncé hier l’Institut Pasteur d’Algérie. Le nombre total des personnes contaminées par les variants britannique et nigérian en Algérie s’élèvent ainsi depuis hier à respectivement à 21 et 28 cas.

Par Sihem Bounabi
L’institut Pasteur d’Alger (IPA) a en effet annoncé, hier, que 15 nouveaux cas du variant nigérian et 6 autres nouveaux cas de variant britannique ont été dépistés. «Dans la continuité des activités de séquençage des virus SARS-CoV-2 mises en place par l’institut Pasteur d’Algérie, il a été procédé à la confirmation de 6 nouveaux cas de variant britannique (B.1.1.7) et de 15 nouveaux cas de variant nigérian (B.1.525)», précise l’IPA dans un communiqué diffusé sur sa page officielle. Dans le même communiqué, il est souligné que les nouveaux cas de ces variants touchent déjà plusieurs wilayas.
En effet, concernant les nouveaux cas du variant britannique, il a été dépisté 2 cas dans la wilaya d’Alger, 2 dans la wilaya de Blida, 1 cas dans la wilaya de Tizi-Ouzou et 1 cas de la wilaya de Aïn Defla. Quant aux nouveaux cas du variant nigérian, il a été détecté 8 cas dans la wilaya d’Alger, dont 2 dans la même famille, 2 cas dans la wilaya d’Ouargla, à Hassi Messaoud, 4 cas dans la wilaya d’Illizi, à In Amenas, et 1 cas dans la wilaya de Béjaïa. Il est à noter que le nombre total en Algérie des personnes ayant été contaminées par le variant britannique s’élève à 21 et le variant nigérian à 28.
Dans ce cadre, le professeur Djamel Eddine Nebouche lance un appel aux autorités concernées pour renforcer le contrôle aux frontières car l’une des explications logiques de l’apparence de ce variant nigérian en Algérie est l’émigration clandestine, estimant que «c’est un problème important qu’il faut absolument résoudre». De son côté, Dr Youcef Boudjelal, microbiologiste et secrétaire général du Syndicat algérien des biologistes de la santé publique (SABSP) appelle également à une plus grande vigilance sanitaire au niveau des frontières, notamment du Sud, afin de juguler l’introduction en Algérie des nouveaux variants, à l’instar du variant nigérian et surtout les grands risques de l’entrée en Algérie du variant sud-africain qui «est très virulent».
A propos du variant nigérian, il nous explique qu’actuellement il représente plus de 20 % des cas de contamination à la Covid-19 depuis son apparition au Nigeria au mois de décembre 2020. Le microbiologiste nous souligne que le variant nigérian s’est déjà propagé dans plusieurs pays en plus du Nigeria et de l’Algérie, notamment aux Etats-Unis, au Danemark, en Finlande, en Grande-Bretagne, au Canada, en Malaisie, en France et en Australie.
Dr Youcef Boudjelal explique également que selon une récente étude de l’université d’Edimbourg, «la mutation du variant nigérian ressemblerait au variant britannique et aurait les mêmes caractéristiques au niveau des protéines membranaires». Il rappelle que le variant britannique est de 50 à 70 % plus contagieux que la souche originale de la Covid-19. Ce variant est devenu, aujourd’hui, la souche dominante en Grande-Bretagne et s’est propagé dans près de 90 pays dans le monde. Selon cette étude, le variant nigérian est aussi plus contagieux et plus résistant au vaccin. Toutefois, Dr Youcef Boujedal tient à préciser que les recherches de l’université d’Edimbourg sont toujours en cours pour définir si le variant nigérian provoque des formes plus sévères de la maladie et quel est le degré de résistance au vaccin. Le secrétaire général du SABSP estime également que les autorités concernées devraient réfléchir à l’acquisition de «tests PCR qui détectent la présence de nouveaux variants afin de pallier au manque de nombres d’opérations de séquençage». Estimant que «ce type de tests PCR qui circulent déjà en Europe permettrait de détecter rapidement les personnes contaminées par les nouveaux variants et prendre ainsi rapidement les mesures nécessaires pour éviter leur propagation».
L’urgence d’accélérer la campagne de vaccination
C’est dans cet esprit de juguler la propagation des nouveaux variants du coronavirus que le Pr Djamel Eddine Nebouche a également lancé un appel pour l’accélération de la campagne de vaccination contre la Covid-19. «La vaccination de masse doit absolument être très rapide», insistant sur le fait qu’«il faut vacciner un maximum de personnes en un temps record, c’est cela le pari que doit tenir l’Algérie», a-t-il déclaré.
Par ailleurs, concernant la situation épidémiologique en Algérie, même si les cas de contamination sont au-dessus de la barre des 100 cas par jour durant plusieurs consécutifs, le professeur Djamel Eddine Nebouche estime que «la bataille contre le coronavirus n’est toujours pas gagnée, car nous avons toujours des décès. Cela veut dire que «la maladie tue toujours en Algérie», ajoutant que «la bataille continue d’autant plus que nous avons un risque sérieux de recrudescence de la maladie en Algérie». Suite aux constats du relâchement dans l’application des mesures de prévention et de protection de la part de la population, il a également insisté sur le respect des gestes barrières. Il déclare à ce sujet : «Il y a une insouciance terrible de la part de la population et il faut absolument être rigoureux dans le respect des mesures barrières qui, seules peuvent enrayer l’épidémie», en insistant sur le fait que le «danger est toujours présent».