Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a reconduit, hier, jusqu’au 29 avril prochain, le dispositif actuel de confinement en appelant les Algériens à respecte «les règles préventives édictées». «Le non-respect de ces règles influera dangereusement sur la trajectoire de cette épidémie jusque-là contenue, car il a été prouvé l’existence d’une forte corrélation entre la propagation du COVID-19 et les négligences liées au comportement des citoyens» a-t-il averti.


Les Algériens sont appelés à vivre dix autres jours de confinement, une mesure préventive instaurée pour faire face à la propagation du coronavirus et dont la première période expire aujourd’hui. C’est ce qu’a indiqué, hier, un communiqué des services du Premier ministère annonçant la reconduction de la mesure jusqu’au 29 avril.
«En application des directives du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des forces armées et ministre de la Défense nationale, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a reconduit pour une période supplémentaire de dix jours, jusqu’au 29 avril 2020, le dispositif actuel de confinement ainsi que l’ensemble des mesures préventives qui l’accompagnent», a précisé la même source.
Cette dernière souligne ainsi la reconduction du dispositif en vigueur dans lequel la wilaya de Blida, la plus touchée par la pandémie, est soumise à un confinement total alors qu’un confinement partiel (de 15H au lendemain à 07H) a été décrété pour 9 autres wilayas, Béjaïa, Tlemcen, Tizi Ouzou, Alger, Sétif, Médéa, Oran, Tipasa et Aïn Defla. Un confinement partiel à partir de 19H jusqu’au lendemain 07H touche les 38 wilayas restantes.
Dans le même communiqué, M. Djerad a insisté de nouveau auprès des citoyens sur «la nécessité de respecter les règles préventives édictées en matière de confinement, de distanciation sociale et de mesures d’hygiène qui demeurent dans la situation actuelle les seules barrières de prévention à même de stopper la propagation du Coronavirus».
Le Premier ministre a relevé, à ce propos, que «le non-respect de ces règles influera dangereusement sur la trajectoire de cette épidémie jusque-là contenue, car il a été prouvé l’existence d’une forte corrélation entre la propagation du Covid-19 et les négligences liées au comportement des citoyens».
Se déclarant «conscients des impacts économiques et sociaux du confinement», les pouvoirs publics aspirent à ce que la présente reconduction des mesures prises permette de «conforter les efforts déjà entrepris en vue d’endiguer cette épidémie», ajoute la même source.
«Cependant, cela ne sera possible que si les citoyens adhèrent fortement à la discipline générale exigée par la situation», tient à souligner le Premier ministre, pour qui «la vigilance citoyenne ainsi que l’esprit de responsabilité individuelle et collective constituent les seuls remparts possibles face à cette épidémie qui permettront l’allègement des mesures de confinement».
L’on aura ainsi noté que l’annonce de reconduction du confinement a été accompagnée, à raison visiblement, par cet appel insistant à la discipline citoyenne en matière de respect des règles de circonstances, ajoutant que c’est cette discipline qui pourrait permettre un allègement des mesures édictées. Dit autrement, l’allègement des mesures est du domaine du possible, mais pas sans une discipline citoyenne.
En attendant, bien entendu, que la situation s’améliore, la reconduction du confinement est venue couper court le scénario prévoyant un possible déconfinement.
En effet, la tendance à la stabilité des chiffres de personnes touchées par le coronavirus, notamment en ce qui concerne le nombre de décès, passé depuis plusieurs jours au-dessous de 20, semble avoir ouvert la brèche à des voix ayant appuyé la possibilité de décréter la fin du confinement. Or, cette option est porteuse d’un risque énorme, celui de voir la pandémie se propager à un rythme incontrôlable. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’on a enregistré des chiffres à la baisse, c’est-à-dire, moins alarmants qu’auparavant, qu’il y a lieu d’annoncer le déconfinement et signer alors un retour aux anciennes habitudes. Bien au contraire, et à bien écouter spécialistes et autorités sanitaires, ce n’est pas le moment de baisser la garde.
C’est plutôt, soutiennent-ils, la phase la plus cruciale qui exige un surcroît de vigilance, de prudence et de mesures de prévention pour pouvoir surmonter la crise.
Pour les médecins spécialistes, il vaut mieux oeuvrer à la consolidation de cette stabilité que de s’aventurer dans un déconfinement dont on ne maîtriserait pas les conséquences.
Le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Djamel Fourar, a indiqué que la levée des mesures de confinement en Algérie se fera de «manière progressive».
Le responsable a justifié sa prévision par le fait qu’il y ait une amélioration du point de vue épidémiologique.
Cela n’ouvre pas pour autant la voie à un abandon des mesures de préventions décidées jusque-là. «Il est impossible d’avancer une date exacte pour l’endiguement du virus en Algérie», a-t-il affirmé dans ce qui traduit un souci de maintenir la garde et la prévention.