La vaccination anti-Covid-19 n’est plus au-devant de la scène ces derniers jours. L’amélioration de la situation épidémique a quelque peu fait oublier les appels insistants à aller recevoir les anticoronavirus, alors que la réticence est toujours là et ne semble pas céder du terrain. Les personnes qui ne se sont pas dirigées vers les centres vaccinaux en temps de crise ne le feront certainement pas maintenant que c’est l’accalmie. Une accalmie qui dure plusieurs semaines.

PAR INES DALI
Les professionnels de la santé ainsi que les responsables du secteur sanitaire ou encore les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de Covid-19, eux, continuent d’appeler la population à aller se faire vacciner à chaque fois que l’occasion se présente, mais cela ne se fait pas avec la même intensité qu’en situation de risque de reprise épidémique. Les occasions de lancer des appels à la population et de prodiguer des conseils et recommandations sont moins nombreuses et ont baissé en même temps que la baisse des contaminations que connaît le pays.
Exception faite du bilan quotidien que continue de publier le ministère de la Santé, la pandémie de Covid-19 n’occupe plus la même dimension communicationnelle, que ce soit chez les spécialistes, sur les plateaux de télévision, à la Radio ou encore ou au sein de la société : force est de constater que le débat s’est estompé. La stabilisation de la situation épidémique et la décrue des contaminations à des chiffres jamais enregistrés depuis le début de la pandémie en Algérie en fin février 2020 semblent avoir fait oublier les périodes douloureuses qu’a vécues le pays, notamment la meurtrière troisième vague de l’été dernier.
Si les appels à la vaccination sont moins nombreux, cela ne veut pas dire qu’ils sont quasiment absents, mais plutôt de moins en moins audibles, notamment depuis la décrue entamée au lendemain du pic du 25 janvier dernier. «Les citoyens vont plus se faire vacciner lorsqu’ils ont peur, lorsqu’ils voient que les cas confirmés et les décès augmentent», comme l’ont expliqué à maintes reprises les professionnels de la santé. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, la population se sent en confiance avec moins de dix cas confirmés de Covid-19 par jour et aucun décès enregistré.
Mais rien ne peut assurer que cette situation va durer et en cas de recrudescence, c’est la vaccination qui serait à même d’assurer l’immunité, selon les spécialistes. C’est ce qu’explique le président de la Société algérienne d’infectiologie, Dr Mohamed Yousfi, en revenant sur l’exemple de la Chine qui a adopté la stratégie du zéro Covid. «Alors que ce pays comptait zéro cas il y a quelques mois, aujourd’hui il en compte plusieurs centaines. Cela pour dire qu’on peut arriver à zéro cas mais la pandémie peut aussi reprendre», a-t-il estimé pour montrer que la vigilance est toujours de mise «tant que l’Organisation mondiale de la santé n’a pas déclaré la fin de l’état d’urgence sanitaire», a-t-il ajouté.
Pour lui, la vaccination est le meilleur moyen de vaincre la pandémie, surtout avec «le risque d’apparition de nouveaux variants, notamment dans les pays où il y a une faible vaccination». Mais, poursuit-il, «cette hypothèse est de plus en plus faible, parce que la vaccination évolue de plus en plus dans le monde de façon importante». En Algérie, la vaccination est restée à un taux très faible après avoir commencé à être freinée quelque temps après la fin de la troisième vague, alors que l’objectif était d’atteindre un taux national de 70% à la fin de l’année 2021. Selon le dernier chiffre annoncé récemment par le directeur général de l’Institut Pasteur Algérie (IPA), Fawzi Derrar, 32% de la population cible de 18 ans et plus a reçu les deux doses de vaccin. n