PAR INES DALI
La pandémie de Covid-19 s’est considérablement estompée en Algérie, le nombre de cas ne dépassant pas la vingtaine depuis plusieurs semaines. Le nombre de décès, quant à lui, est nul. La baisse a commencé à se faire ressentir depuis plusieurs mois, soit depuis mars dernier, et les bilans quotidiens relatifs à l’épidémie sont de plus en plus rassurants, ce que les professionnels du secteur de la santé mettent en évidence, estimant que l’Algérie est dans une situation épidémiologique confortable.
«Sincèrement, la situation épidémique liée au Covid-19 est très rassurante en Algérie. On trouve très rarement des cas positifs actuellement», a déclaré le Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie. Pour illustrer son propos, le professeur donne un aperçu de l’hôpital de Rouiba (Ager), où il exerce en tant que chef de service du laboratoire central. «Nous avons presque un ou deux cas testés positifs au nouveau coronavirus par semaine. Donc vraiment, on peut dire qu’à l’hôpital de Rouiba, il n’y a pas de malades. Même concernant les hospitalisations pour Covid, il n’y en a plus», a affirmé le Pr Djenouhat dans une déclaration à «Reporters».
Ainsi, les cas d’infections sont au plus bas et les bilans quotidiens qui répertorient également les décès, les malades en soins intensifs et les malades guéris laissent place à un grand optimisme, du fait qu’ils n’ont jamais été aussi rassurants depuis l’arrivée de la pandémie de Covid-19 en Algérie il y a plus de deux ans et demi. Ce qui laisse place à un réel optimisme après les pénibles périodes des vagues successives du Covid-19 que le pays a dû vivre, notamment la troisième de juillet-août 2021 et qui a été la plus meurtrière.
La nette amélioration de la situation s’est traduite, entre autres, par la décision d’une reprise normale des cours, avec un retour au système d’avant-Covid, que ce soit pour le secteur de l’éducation nationale ou pour celui de l’enseignement supérieur. Il n’y a plus de contraintes au niveau des établissements scolaires, ni au niveau des universités.
La pandémie est en déclin et le monde entier est en train de reprendre son souffle. Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé que «le monde n’a jamais été en aussi bonne position pour mettre fin à la pandémie de Covid-19, qui a tué des millions de personnes depuis la fin 2019».
Cette déclaration de l’OMS, «on peut la lire sous deux angles», selon le Pr Djenouhat. «On est à 70% de la disparition de la pandémie et c’est ce que nous souhaitons tous. C’est la première fois que nous sommes dans une situation où il n’y a pas un autre variant du Covid-19 et presque tout le monde a été infecté. L’autre éventualité est les 30% restants qui représentent le tiers de chance qu’il y ait une endémisation, c’est-à-dire qu’on ait une forme endémique. C’est ce que nous sommes en train de constater actuellement. Donc le virus s’installe et va continuer à vivre avec nous, mais il sera beaucoup plus bénin que les variants précédents. Il sera comme une simple grippe», estime l’immunologue. «La preuve, nous l’avons vécu pendant l’augmentation de cas liée, si je puis le dire, à la pseudo-vague du sous-variant BA.5, durant laquelle nous n’avions pas eu de décès ni de malades en soins intensifs».
S’il y a lieu d’émettre des recommandations, c’est pour les personnes qui s’infectent au Covid-19 et non pour les personnes saines. «Scientifiquement parlant, la plupart des gens ont contracté le virus, et lorsqu’ils le contractent une deuxième fois, ça ne peut que booster leur immunité. C’est l’équivalent des rappels de vaccins», a expliqué le Pr Kamel Djenouhat. «Puisque nous sommes donc devant un virus qui n’est pas grave, le conseil s’inverse : ce n’est plus aux personnes non atteintes de prendre les mesures préventives, mais à celles qui sont infectées de porter le masque pour ne pas contaminer leur entourage». Quant à la vaccination, le président de la Société algérienne d’immunologie estime que «la pathologie liée au Covid-19 est devenue bénigne et ne nécessite plus qu’on se fasse vacciner». Même «les personnes vulnérables ne nécessitent pas de vaccin», a-t-il dit, soulignant que «les malades qu’on a vu durant cet été sont des sujets à risque, ayant des maladies chroniques, mais qui ont fait des formes de la maladie sans signes respiratoires». En somme, ils ont présenté «des signes qui ne méritent pas de campagne de vaccination», a-t-il soutenu.
Pour rappel, l’OMS a indiqué que le nombre de cas confirmés à travers le monde a chuté de 28% durant la semaine du 5 au 11 septembre par rapport à la semaine précédente, à quelque 3,1 millions de nouvelles infections déclarées. Le nombre de décès, pour sa part, a reculé de 22% à un peu moins de 11.000 sur la même période. Parmi ses recommandations, elle a répété les mêmes messages que ceux émis depuis presque deux ans à l’arrivée des vaccins : vacciner 100% des personnes vulnérables et des personnels de santé, poursuivre les programmes de tests et de séquençage génique qui, a-t-elle dit, permet notamment de suivre à la trace de «nouveaux variants potentiellement dangereux», face à «un virus qui mute et évolue facilement, et qui a prouvé plus d’une fois ces deux dernières années qu’il sait s’adapter». n