Il existe présentement quelques trois douzaines de vaccins Covid-19 en développement, dont 11 ont fait l’objet de démonstrations de phase 3, le dernier avant l’homologation. L’agence européenne des médicaments (EMA) prévoit de donner son avis favorable à un premier vaccin d’ici la fin de l’année en vue d’une distribution à partir de janvier 2021. Mais elle ne dit pas lequel.
Cela n’empêche pas le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé à pencher vers un optimisme mesuré, car «un vaccin ne suffira pas à lui tout seul à vaincre la pandémie de Covid-19», dira-t-il.
Comme quelques-uns de ses adjoints, il relativise la portée du vaccin de Pfizer, puisque «au départ, les quantités seront limitées et par conséquent les personnels soignants, les personnes âgées et celles à risque auront la priorité et nous espérons que cela va faire baisser le nombre de mort et permettre aux systèmes de santé de résister.»
Par contre, le vaccin que développe le groupe français Sanofi contre le Covid-19 pour une diffusion en juin 2021 n’aura pas besoin d’être conservé au congélateur. «Notre vaccin sera comme le vaccin grippe, vous pouvez le mettre dans votre réfrigérateur», a souligné Olivier Bogillot, on n’aura pas cet écueil-là, ça va être un avantage pour certains pays.». Car il faut rappeler que le vaccin Pfizer – BioNtech requiert des températures très basses (-70 C) pour être conservé.
Si les résultats des essais de phase 2 sont bons, et ils le sont selon le PDG de Sanofi, les essais de phase 3 seront lancés au mois de mai avec une production en simultané du vaccin.
De son côté, le petit laboratoire Moderna qui n’est pas encore un big Pharma a assuré que son vaccin contre le Covid-19 était efficace à 94.5% pour réduire le risque de chopper la maladie.
En plus clair, le risque de contracter la Covid-19 a été restreint de 94.5%. Et si ce niveau d’efficience était le même dans la population générale, «ce serait l’un des vaccins les plus efficaces qui existent», semblable à celui contre la rougeole, efficace à 97% en deux doses.
Pour rappel, les vaccins contre la grippe ont balancé entre 19% et 60% d’efficacité dans les dix dernières années. Moderna, pour jouer dans la cour des grands, va solliciter une autorisation de mise sur le marché, AMM, «dans les prochaines semaines» aux Etats-Unis.
Cette course au vaccin, si elle aboutissait en fin d’année ou début 2021 serait une prouesse scientifique et médicale car il a fallu neuf ans dans les années 1950 pour développer et autoriser le vaccin contre la rougeole. Dans les dix dernières années, la durée moyenne de développement pour les 21 vaccins approuvés par la FDA fut de huit ans, selon une étude parue dans la revue Jama.
Moderna est devenu, donc, lundi le troisième projet de vaccin soumis à auscultation, après ceux d’Oxford/AstraZeneca puis de Pfizer/BioNTech début octobre.
Il reste que plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer l’opportunisme des gestionnaires des laboratoires, notamment ceux des big pharma qui n’hésitent pas «à jouer à la bourse», sachant miser quand il le faut, en fonction, bien sûr, des résultats de leurs labos. Néanmoins, le fisc devrait fermer l’œil et ne pas faire la fine bouche, car le plus important pour le moment est de se débarrasser du virus. Les comptes viendront par la suite. n