Le déconfinement continue d’occuper le gouvernement. Quand sera-t-il possible et quand le dispositif sanitaire actuel sera levé ? Ce sont les deux questions importantes que le Conseil des ministres s’est posées dimanche dernier. Ses réponses, elles, demeurent prudentes même s’il se dessine chez le gouvernement une volonté d’un retour à la normale après la fin de la troisième phase de confinement qui prendra fin à la mi-juin. En annonçant une reprise progressive des activités dans le secteur sensible du bâtiment et des travaux publics, le Conseil des ministres laisse penser en effet que l’Exécutif prépare l’après-Covid-19 et la levée du dispositif de crise sanitaire.

C’est ainsi qu’on perçoit en tous les cas de la décision de la «levée progressive du confinement dans le secteur du bâtiment et des travaux publics». La reprise des activités dans ce secteur considéré à risques est un signal que le scénario de l’après Covid-19 évolue de manière optimiste et s’accélère.
L’initiative de libérer le secteur du BTPH s’accompagne, en effet, de l’intention de laisser les «métiers et activités commerciales à moindres risques» reprendre à nouveau et s’ouvrir à nouveau au public. Notamment celles qui ont «un impact direct sur la vie du citoyen».
Autre indication que l’Exécutif songe à la fin de la crise sanitaire, c’est sa déclaration de s’occuper du dossier sensible que les ministères de l’Industrie et du Commerce en coordination avec la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) doivent régler pour aider les «artisans et petits commerçants impactés» par le Covid-19. Ces derniers ont commencé à manifester leur inquiétude et certains d’entre eux l’ont exprimé publiquement dans des wilayas comme Bejaïa et Sétif.
Plus la situation sanitaire se stabilise, comme l’a indiqué le ministre de la Santé dans son exposé, plus la question socioéconomique va se poser et s’imposer dans le débat national. D’où la place accordée, lors du Conseil des ministres, aux ministres chargés des portefeuilles économiques dans leur diversité. Et l’attente de résultats des projets de réformes.
D’abord dans le secteur du médicament passé maintenant au stade de «stratégique» avec un programme de développement spécial pour l’opérateur public Saïdal et un cap pour que l’industrie pharmaceutique algérienne devienne «génératrice de richesses» et parvienne à exporter.
Si elle couvre 51% des besoins du marché pour quelque quatre milliards de dollars, il lui est demandé davantage de performances en fonction de la vision imposée par le choc sanitaire provoqué par le nouveau coronavirus. Ensuite dans celui de l’Industrie qui, pour donner de la visibilité à son projet de réforme, son ministre, Ferhat Ait Ali, doit maintenant élaborer une «loi cadre» pour «l’orientation industrielle» avec l’urgence de régler de vieilles et inquiétantes questions. A ce sujet, le chef de l’Etat a souligné l’urgence d’accélérer «l’assainissement du foncier industriel à travers la création d’agences appropriées pour la gestion du foncier dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et de l’urbanisme». Les exposés des ministres des startups et de l’agriculture ont été reportés «pour complément d’étude».
Des avancées sur la question mémorielle
Sur la question mémorielle, premier point à l’ordre du jour, le Conseil des ministres a apporté des précisions politiques à travers lesquelles le chef de l’Etat a rejeté toute tentation d’instrumentalisation de la mémoire nationale. Elle «n’est pas motivée par des considérations conjoncturelles», a-t-il déclaré. Il s’agit «d’un devoir national sacré ne tolérant aucun marchandage et qui restera en tête des préoccupations de l’Etat», a-t-il ajouté.
Non sans appeler les Algériens «à hisser le drapeau national au fronton de toutes les maisons lors des occasions historiques». Non sans instruire également «le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit» de réparer une injustice en accordant «davantage d’intérêt à tous ceux qui ont aidé l’Algérie dans sa révolution armée et de rétablir des liens directs avec eux». A suivre, donc.
En saluant «tous les pays frères et amis qui ont apporté aide et assistance à la glorieuse révolution armée, citant, notamment en Europe l’Allemagne fédérale et les citoyens français qui se sont soulevés contre la politique coloniale de leurs gouvernements et sont morts pour cette cause ou ont été torturés par les tortionnaires du colonisateur», M. Tebboune ouvre au plus haut niveau de l’Etat un nouveau chapitre de l’histoire officielle algérienne et de son écriture.
Dans ce registre, toujours, le président de la République a instruit le ministre de la Communication, M. Belhimer, «d’accélérer les procédures nécessaires au lancement d’une chaîne de télévision de haut niveau et de renommée internationale, consacrée à la mémoire nationale».
(Lire en page 7 le texte intégral du Conseil des ministres)