Ce n’est nullement une surprise que le variant britannique de coronavirus continue d’enregistrer de nouveaux cas en Algérie. De nouvelles contaminations à ce variant ont été annoncées après la détection des deux premiers cas le jeudi 25 février dernier et le pays comptabilise actuellement huit cas, selon un communiqué de l’Institut Pasteur d’Algérie.

Les professionnels de la santé estiment que la situation de relâchement, que nul ne peut nier, est de nature à favoriser une propagation plus accrue si les mesures nécessaires ne sont pas prises dans l’immédiat ainsi qu’une prise de conscience de la part de la population du danger sur le plan sanitaire.
«Six nouveaux cas du variant britannique du coronavirus (Covid-19) ont été détectés en Algérie, a annoncé jeudi l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) dans un communiqué. «Dans la continuité des activités de séquençage des virus SARS-CoV-2 mises en place par l’Institut Pasteur d’Algérie dans le contexte de surveillance des variants circulant actuellement dans le monde, et suite à la confirmation le 25 février dernier de deux cas porteurs du variant britannique à Alger, six autres cas porteurs de ce même variant ont été détectés jeudi 4 mars 2021, au niveau des laboratoires de l’IPA», peut-on lire dans le communiqué. «Il s’agit de quatre sujets contacts, détectés dans le cadre des enquêtes épidémiologiques autour de l’un des deux premiers cas et de deux nouveaux cas, actuellement en isolement au niveau de l’EHS d’El-Kettar et de l’EPH de Rouiba», est-il encore précisé.
Les spécialistes n’ont pas caché, dès l’annonce des premiers cas, leur crainte de voir le variant à l’origine d’une recrudescence de la pandémie. «Le variant infecte 50% de plus que la souche originale. Ce qui m’emmène à dire que cela va se traduire automatiquement par un nombre de sujets infectés beaucoup plus élevé puisque le variant se répand plus vite», a averti le Pr Kamel Senhadji, président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, après l’annonce des nouveaux cas.
Le variant britannique cause plus de décès
Il a poursuivi que «cela va donc se traduire par une infection de beaucoup plus de monde en un temps rapide». Mais pas seulement, puisque la conséquence la plus fâcheuse est le nombre de décès plus important que cela risque d’engendrer. «La transmission du variant va infecter des personnes qui ont des maladies, des comorbidités, etc., et ça va augmenter le nombre de malades touchés par le variant de Covid-19 et des personnes qui peuvent décéder», a-t-il encore mis en garde.
Plus tranchant, le Pr Ryad Mehyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie de coronavirus a souligné que l’heure n’est absolument pas au relâchement, puisque «la pandémie du coronavirus n’est pas derrière nous». «La pandémie est encore là et nous sommes contraints de vivre avec pendant quelques mois, ou encore pendant une année ou peut-être même plus», a-t-il alerté, avant de lancer un énième appel à se conformer à la discipline qui est la seule à même de garantir au citoyen de ne pas être infecté et de ne pas infecter les personnes de son entourage. «Il faut rester patient. Il faut respecter les mesures préventives et les gestes barrières» car c’est cela qui permettra de «revenir le plus tôt possible à une vie normale», a-t-il préconisé.
Délaisser les mesures barrières est «une faute très grave !»
«Il faut respecter les gestes barrières, il ne faut pas lâcher», a recommandé également le Dr Djamel Fourar, porte-parole du Comité scientifique de suivi de la pandémie. Pour lui, la situation «stable» et «maitrisée» que connait le pays ne doit pas conduire à un excès de confiance mais, au contraire, amène à observer la plus grande vigilance au vu de ce qui se passe dans de nombreux autres pays. «Nous voyons que le monde est actuellement en ébullition avec une situation épidémique catastrophique dans de nombreux pays. Heureusement pour nous que la situation est maitrisée en Algérie, mais nous devons rester vigilants», a-t-il relevé.
Il n’a pas caché qu’il y a un réel constat de relâchement, indiquant que «ces jours-ci, on s’aperçoit que les gens dehors ne respectent pas ces mesures barrières et ne portent pas de masque».
C’est ainsi que même s’il tente d’être rassurant, déclarant qu’«il ne faut pas s’inquiéter pour les cas de variant britannique, puisque la réaction a été rapide pour ce qui est des enquêtes épidémiologiques, avec l’identification des contacts et les mesures prises comme leur confinement», il n’en demeure pas moins que l’appréhension est toujours là. C’est pourquoi il appelle, à son tour et à l’instar de ses confrères, à la prise de conscience individuelle et collective, rappelant le port obligatoire du masque, la distanciation physique et le lavage des mains, et insistant qu’«il ne faut pas que les gens pensent à baisser la garde et délaisser les mesures préventives. C’est une faute très grave !».<