Dans son bilan provisoire, vendredi, le professeur Djamel Fourar, porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du nouveau coronavirus en Algérie, a fait part d’un décompte évolutif et ascendant des cas de contamination dans divers points géographiques du pays.

Alors que l’attention était concentrée sur le Centre et Blida, principal foyer du Covid-19 (50% des cas confirmés) auquel a été imposé un dispositif de confinement total, ainsi que sur Alger, soumise à un couvre-feu nocturne, de nouvelles dispositions préventives et de lutte contre la maladie sont prises depuis vendredi.
Parmi elles, la décision prise par le Premier ministre Abdelaziz Djerad d’étendre la mesure du confinement partiel à neuf wilayas, à savoir Batna, Tizi-Ouzou, Sétif, Constantine, Médéa, Oran, Boumerdes, El Oued et Tipasa. Applicable depuis hier, cette mesure concerne la tranche horaire comprise entre 19h au soir et 07h au matin.
«75% des personnes infectées par le Covid-19 ont été enregistrées à travers Blida, Alger, Oran, Tizi-Ouzou et Tipasa», alors que
«seize wilayas ont enregistré, quant à elles, de un à trois cas», a indiqué le professeur Fourar dans son point de presse du vendredi. Il a rappelé, par la même occasion, la nécessité de respecter les recommandations des règles d’hygiène personnelle et environnementale ainsi que des conditions de confinement sanitaire. Une discipline que beaucoup ont des difficultés à respecter, ce qui met les autorités locales dans certaines wilayas devant de sérieuses difficultés à appliquer correctement le dispositif préventif décidé par les hautes autorités sanitaires et politiques dans le pays.
Des mesures de sécurité
sanitaire ignorées
Signe de cette difficulté, la réaction de colère du maire de Bougara qui a posté, vendredi 27 mars, une vidéo sur les réseaux sociaux, menaçant les récalcitrants qui ne respectent pas les règles de sécurité sanitaire de faire intervenir la force publique. Des gens continuent, selon lui, à se regrouper pour jouer au foot ou fumer la chicha sans conscience du danger qu’ils représentent pour eux-mêmes et pour autrui. Autre signe d’ignorance ou d’inconscience, les cas de ces personnes originaires d’Aoakas, déclarés positifs au Covid-19 après avoir assisté à un mariage à Tichy, et les appels à retrouver toutes les personnes ayant eu un contact avec les personnes contaminées pendant ou après la fête.
«Quatre nouveaux cas positifs viennent d’être enregistrés malheureusement dans notre wilaya, il s’agit de 3 jeunes femmes et un jeune homme de la localité d’Aokas», indique un communiqué de la cellule de communication de la wilaya de Béjaia. Ces personnes contaminées, précise la même source, ont assisté à un mariage dans la nouvelle salle de fête Mudeyna» de la localité balnéaire. Aux personnes concernées, l’autorité locale a demandé qu’elles se rendent «immédiatement» aux structures de santé les plus proches pour une «consultation en urgence». Aux habitants d’Aokas et de ses communes, il a été conseillé d’«éviter tout contact et de rester confinés chez eux.»«Ne sortez surtout pas après cette triste nouvelle, le nombre de contaminés pourrait augmenter encore plus malheureusement. Protégez-vous et restez chez vous SVP», a demandé la wilaya. Dans son estimation de la situation, le président du Conseil de l’ordre des médecins, Mohamed Bekkat Berkani, n’exclut pas, sous la forme du souhait, une extension du domaine du confinement, voire son durcissement si la course exponentielle observée actuellement n’est pas inversée dans les prochains jours. Dans un entretien à TSA, ce médecin a indiqué que «nous nous dirigeons vers un confinement national et total. J’ajouterai que le plus tôt sera le mieux !». En ce qui concerne les pratiques non respectueuses des règles de lutte et de prévention sanitaires, constatées dans beaucoup de régions, «il est inacceptable qu’il y ait encore des citoyens dans n’importe quel point de l’Algérie qui se sentent non concernés par l’épidémie. Il est clair que les Algériens doivent adopter de nouvelles attitudes et se confiner volontairement le plus possible. Qu’on ne croie pas que telle ou telle région ne sera pas touchée par la progression du virus. Il faut que nos compatriotes sachent que nous sommes dans une situation exceptionnelle et que la discipline tant individuelle que collective doit l’emporter», a prévenu le président du Conseil de l’ordre des médecins. <