Face au relâchement constaté dans les espaces et lieux de rassemblement publics, et devant la hausse des cas de contamination, un scénario de risque de saturation grave dans les hôpitaux, selon l’autorité sanitaire, le gouvernement hausse le ton. Il décide de sanctionner tout manquement aux règles de prévention et de protection contre le coronavirus.

PAR INES DALI
La situation épidémique de l’Algérie liée à la propagation du Covid-19 a fini par contraindre le gouvernement à passer à la vitesse supérieure, notamment en avertissant que le recours aux sanctions sera désormais appliqué à l’encontre des contrevenants aux mesures édictées dans le cadre de la lutte contre cette épidémie.
Après avoir mis en relief les différents facteurs qui exacerbent la crise sanitaire, le gouvernement a indiqué, dans un communiqué, avoir «décidé de mettre en œuvre, avec toute la sévérité requise, les mesures de fermeture des établissements, espaces et lieux où serait constatée toute infraction aux mesures sanitaires édictées en la matière, notamment l’exigence du port obligatoire du masque de protection, les mesures d’hygiène et la distanciation physique, ainsi que les protocoles sanitaires dédiés aux différentes activités».
Cette mise en garde du gouvernement est venue suite au constat de la dégradation de la situation, notamment avec un rebond des infections qui ont fini par franchir le seuil des 600 cas par jour avant de reculer légèrement, et dont le cumul a eu pour conséquence d’encombrer les services Covid et les services de réanimation. «Les chiffres des cas de contaminations enregistrés ces derniers jours confirment l’amorce de la quatrième vague de cette épidémie avec ses conséquences sur le nombre d’hospitalisations qui ne cesse de croître», ce qui va «mettre en grande difficulté nos structures hospitalières qui pourraient atteindre un seuil de saturation et les pénibles situations que nous avons vécues lors de la troisième vague de cette épidémie», a alerté le Premier ministre dans un communiqué rendu public samedi soir.
Le rythme de propagation du virus que connait l’Algérie «va entraîner une exacerbation de la crise sanitaire et un fort impact sur la population et chez les personnes les plus vulnérables, particulièrement les personnes non encore vaccinées», a averti encore le Premier ministère, qui a décidé de reconduire les mesures de protection actuelles de protection et prévention contre la pandémie pour une durée de 10 jours à compter de samedi 15 janvier, tout en prônant plus de fermeté pour l’application de ces mesures.

Pression sur les hôpitaux
La pression sur les hôpitaux se fait de plus en plus ressentir, selon les déclarations des praticiens qui ont fait savoir avoir enregistré un afflux grandissant des malades ces derniers jours notamment. Dans la capitale, où il est enregistré une hausse inquiétante des infections, les admissions pour Covid-19 ont atteint une cinquantaine de cas quotidiennement à l’hôpital Nafissa-Hammoud (ex-Parnet), tandis qu’au Centre hospitalo-universitaire Mustapha-Bacha, les services Covid prennent en charge pas moins de 20 nouveaux malades par jour, ce qui a contraint les responsables à ouvrir de nouveaux services Covid, selon le Pr Rachid Belhadj, responsables des activités médicales et paramédicales au niveau de ce CHU. C’est la même situation préoccupante que vit l’Etablissement public hospitalier (EPH) de Boufarik, dont le taux d’occupation des lits Covis dépasse les 60%, selon le chef de service infectieux de cet hôpital, Dr Mohamed Yousfi.
Avec près de 5000 malades dans les hôpitaux actuellement et des admissions qui vont crescendo parallèlement à la hausse des cas, le risque de voir les établissements hospitaliers saturés ne serait plus qu’une question de jours s’il n’y pas amélioration de la situation avec une baisse des cas.
Ainsi, les différents facteurs qui exacerbent l’épidémie de Covid-19, loin de s’atténuer, sont en train d’être rejoints par d’autres qui amplifient et donnent plus de consistance à la situation de crise sanitaire. Alors que la vaccination piétine, que les gestes barrières et autres protocoles sanitaires sont aux oubliettes, que le variant Delta continue de tuer, voilà que la variant Omicron, dont le premier cas a été détecté en Algérie le 14 décembre, commence à s’installer confortablement sans que cela fasse prendre conscience de la gravité d’une telle situation. «Omicron est connu pour sa forte contagiosité et c’est certainement lui qui est en train de faire augmenter les contaminations», estiment les spécialistes qui poursuivent leur appel à la vaccination.
Dans son communiqué, le gouvernement a, lui aussi, réitéré, avec force, ses appels à la population pour «continuer à soutenir l’effort national de lutte contre cette épidémie mondiale par la poursuite du respect des gestes barrières», en particulier pour ce qui est de «l’exigence du port obligatoire du masque de protection, les mesures d’hygiène et la distanciation physique». Il réitère, surtout, ses appels aux citoyens pour recourir à la vaccination qui, dit-il, reste «le meilleur moyen de prévention pour prémunir nos concitoyens de la gravité des effets de cette pandémie». Le taux de vaccination national, rappelle-t-on, est de l’ordre de 30%, alors que l’objectif initial était d’atteindre un taux de 70% à la fin de décembre dernier.