Les prix du pétrole, qui sont restés volatils depuis août, se situaient aux alentours de 55 dollars le baril début janvier «et les marchés s’attendent à ce qu’ils restent globalement à ce niveau au cours des 4-5 prochaines années», lit-on dans le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (Moanap). Les prévisions du FMI sont peu rassurantes, alors que l’Opep et ses partenaires non-Opep sont engagés dans une tentative de rééquilibrage du marché par le moyen de la baisse de l’offre. Les décisions prises le 7 décembre dernier risquent ainsi de s’avérer inefficaces, puisque les cours évolueront en moyenne autour de 55 dollars le baril. L’Opep et ses alliés espéraient que leur décision allait soutenir les prix et que ces derniers atteignent une moyenne de 60 à 70 dollars le baril en 2019. Cette décision portait, faut-il le rappeler, sur une réduction journalière de 1,2 million de baril sur les six premiers mois de 2019. Vendredi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a prévenu que le rééquilibrage du marché du pétrole risquait de s’apparenter à un «marathon», alors que les efforts de l’Arabie saoudite pour réduire sa production n’ont pas été suivis par la Russie. «De multiples facteurs pèsent sur les perspectives, notamment la faible croissance de la production pétrolière qui compense la reprise attendue de l’activité non pétrolière (Arabie saoudite), le durcissement des conditions de financement (Pakistan), les sanctions américaines (Iran) et, dans plusieurs économies, les tensions géopolitiques », lit-on dans le rapport du FMI pour la région Moanap, publié hier. L’essoufflement de la croissance mondiale est l’un des facteurs favorisant la chute des cours du brut. La demande mondiale devrait reculer conséquemment à la baisse de la croissance et devrait entraîner, de facto, une faiblesse des cours du pétrole. Depuis Davos, en Suisse, le FMI a dévoilé, hier, devant l’élite économique mondiale, le tableau d’une croissance mondiale encore solide, mais qui ralentit plus que prévu, contrariée par les tensions commerciales et les risques politiques, tels le Brexit au Royaume-Uni et la fronde sociale en France. L’institution de Bretton Woods a annoncé qu’elle abaissait, pour la deuxième fois en quelques mois, le rythme d’expansion désormais estimé à 3,5% (-0,2 point) pour cette année après 3,7% en 2018. La prévision pour 2020 est également moins bonne à 3,6% (-0,1 point). La croissance chinoise, constamment scrutée par les marchés, n’augure rien de bon, puisque les perspectives du premier importateur d’or noir vont en s’assombrissant. La croissance de la Chine a ralenti tout au long de 2018, pour atteindre son plus faible niveau en 28 ans sur l’ensemble de l’année. La hausse du Produit intérieur brut (PIB) a été de 6,6% l’année dernière, a annoncé lundi le Bureau national des statistiques (BNS), alors que le FMI prévoit une croissance de seulement 6,2% en 2019. Par ailleurs, dans sa mise à jour des perspectives économiques mondiales, le FMI a également révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan, de 0,3 point, à 2,4% pour cette année, tout en maintenant inchangées ses estimations de croissance de 3% pour 2020 dans cette région. «La croissance au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Afghanistan et au Pakistan devrait rester modérée à 2,4% en 2019 avant de remonter à environ 3% en 2020», a indiqué le FMI. En tout état de cause, les prix du pétrole se stabilisaient hier en cours d’échanges européens, le rebond enregistré depuis le début de l’année s’essoufflant avec une économie chinoise pâlissante. Hier, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 62,58 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 12 cents par rapport à la clôture de vendredi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat de février cédait 11 cents, à 53,69 dollars.<