La baisse des cas de contamination au nouveau coronavirus s’est poursuivie pendant les dix derniers jours jusqu’à passer sous la barre des 300 cas quotidiens, le 5 septembre dernier. Sur un mois, l’Algérie est passé de 538 cas, le 8 août, à 293 cas le 6 septembre, mais cette baisse sur un mois a été ponctuée, à plusieurs reprises, par des jours où le nombre de cas a connu une hausse.
Cela dit, sur les dix derniers jours, il a été enregistré, sans discontinuer, un recul des contaminations quotidiennes. Cela permet-il de dire que la courbe épidémique de la Covid-19 en l’Algérie est actuellement dans une tendance baissière ? Selon le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins, c’est effectivement le cas. «Les chiffres indiquent que nous sommes maintenant dans une tendance baissière», a-t-il dit, ajoutant que «le choix des mots est important» avant d’expliquer un peu plus. «C’est une tendance baissière, mais ce n’est pas une baisse, car lorsqu’il s’agit d’une baisse, il y a la pente de la courbe qui est autrement plus importante. Là, il s’agit d’une tendance baissière car il y a une diminution de quelques cas ou 10 cas par jour, sans plus», a-t-il affirmé.
Pour lui, il y a certes les chiffres qui traduisent une réelle amélioration de la situation épidémique, mais cela ne veut nullement dire qu’un quelconque relâchement est tolérable, la situation pouvant s’inverser à tout moment. «Il ne faut surtout pas que les citoyens pensent que la situation est irréversible», a mis en garde Dr Bekkat Berkani, qui est également membre du Comité scientifique de l’évolution de la pandémie de coronavirus en Algérie. «L’objectif à atteindre est de consolider cette tendance baissière que nous connaissons. Si elle est encore progressive sur plusieurs jours, donc si le recul des cas se poursuit, cela voudra dire que nous sommes dans une décroissance, et c’est ce que nous devrions atteindre», a-t-il encore indiqué. Autrement dit, les jours à venir sont déterminants pour «pouvoir affirmer que l’Algérie connaît une décroissance des cas».
Notre interlocuteur poursuit en expliquant qu’«il faudrait que la tendance baissière confirme le déconfinement qu’il y a eu, notamment après l’ouverture des plages, des mosquées et autres lieux de loisirs et de détente». Car il faut savoir que «la fréquentation de ces lieux et autres sont des activités qui peuvent prêter à une reprise des cas par contamination de proche en proche», a-t-il poursuivi. «Apparemment, il y a une quinzaine de jours que nous sommes dans des chiffres baissiers, cela veut dire que la tendance est baissière», a-t-il encore confirmé, tout en réitérant qu’«il nous faut encore consolider cette tendance les jours à venir». Pour réussir cette mission «tout un chacun doit continuer à s’en tenir au respect rigoureux des gestes barrières» que tout le monde connaît et qui ne sont autres que ceux répétés depuis plusieurs mois, à savoir porter le masque et garder la distanciation physique. Se faisant insistant, Dr Bekkat Berkani estime que «plus que jamais, la population doit continuer d’observer les mesures de prévention afin de préserver les acquis et de ne pas devoir retourner au confinement».
La situation épidémique qui s’améliore pourrait normalement être suivie de l’ouverture de plusieurs secteurs qui ne sont pas encore autorisés à reprendre, comme c’est le cas pour le transport aérien et maritime, le transport inter-wilayas qui, de l’avis des citoyens et des transporteurs, n’a que trop tardé à reprendre, de même que la circulation des transports pendant les week-ends, ainsi que certains commerces.

Pas le moment de rouvrir les frontières
Pour les transports aérien et maritime, Dr Bekkat Berkani a noté que «la décision relève des autorités de l’Etat qui prendront la responsabilité. Si ces dernières ouvrent l’espace aérien ou les frontières maritimes et qu’il y a une hausse des cas, ce sera leur responsabilité. Et actuellement, avec les hausses des cas dans des pays avec lesquels nous avons un trafic, ouvrir ces secteurs serait, à mon avis, un défaut d’appréciation». Il enchaînera en indiquant que «pour le moment, on ne peut pas savoir ce qui peut se passer dans les jours à venir dans notre pays ou dans les autres pays. Jusqu’à présent, nous avons eu un mode d’emploi qui a donné des résultats, il faut le consolider. La situation peut être évolutive de semaine en semaine».
Pour le membre du Comité scientifique, «si on arrive à avoir 50 cas par jour, là on pourra ouvrir tout. Mais nous n’en sommes pas encore là». Il assure que les secteurs qui ne sont pas encore ouverts, pour des raisons de limitation de la propagation de la pandémie de la Covid-19 dans le pays, subiront un déconfinement progressif avec les protocoles sanitaires mis en place. Quant à la décision de les ouvrir à telle ou telle date, elle revient aux autorités et non au Comité scientifique, a-t-il conclu. n