Le juge instructeur continue d’auditionner de hauts responsables dans des affaires en rapport avec la corruption. C’est ainsi qu’hier, les anciens ministres Youcef Yousfi, Mahdjoub Bedda et Abdelghani Zaâlane ont comparu devant un conseiller enquêteur à la Cour suprême, selon des sources proches du dossier. De son côté, le président du Mouvement populaire algérien (MPA) Amara Benyounès a été également auditionné, en sa qualité d’ancien ministre des Transports. Si peu de choses ont filtré à propos du contenu de ces auditions, compte tenu du secret de l’instruction, il n’en demeure pas moins que selon des sources proches du dossier, l’audition de ces anciens ministres intervient dans diverses affaires, octroi d’avantages indus dans les marchés publics, gaspillage de fonds publics, abus de pouvoir, conflit d’intérêts et corruption. Le juge instructeur a eu à poser des questions aux anciens ministres pour situer leurs responsabilités dans les différents dossiers. Dans les faits, selon nos sources, Amar Ghoul et Boudjemâa Talaï ont été entendus sur les procédures «illégales et abusives » d’octroi d’indus avantages dans les marchés et de contrats publics, abus de fonction et corruption dans l’octroi des marchés publics. Le juge les a entendus longuement dans l’objectif de l’approfondissement de l’instruction judiciaire qui précède la programmation prochaine du procès des deux mis en cause. Mais, il faut savoir que ces ministres ont déjà comparu devant le juge et comparaîtront devant lui dans les prochains jours également. Et pour cause. Ils sont mêlés à plusieurs affaires « douteuses », nous explique-t-on. Selon une source proche du dossier « Amar Ghoul est poursuivi dans le cadre des affaires liées aux hommes d’affaires Ali Haddad et Mahieddine Tahkout et à l’issue d’une enquête préliminaire.
Le parquet général près la Cour suprême avait engagé des procédures judiciaires à son encontre ». Une procédure similaire a été engagée à l’encontre de Boudjemâa Talaï, également cité dans l’affaire du groupe ETRHB d’Ali Haddad. Concrètement parlant, l’ancien ministre est, lui, accusé d’abus de fonction et de dilapidation de deniers publics. Il faut rappeler qu’initialement cité dans l’affaire Ali Haddad, Boudjemâa Talaï a été placé sous mandat de dépôt par le conseiller enquêteur près la Cour suprême « pour octroi d’indus avantages et abus de fonction », au préjudice du Trésor public dans le projet de la ligne ferroviaire reliant Relizane, le sud de Tiaret et la wilaya de Tissemsilt. Par ailleurs, la chambre d’accusation du tribunal d’Alger a renvoyé, hier, l’examen de la demande de libération provisoire de Karim Tabou à mercredi prochain, selon les avocats. Figure emblématique du Hirak, Karim Tabou est en détention provisoire à la prison de Koléa depuis le 13 septembre sous l’accusation « d’atteinte au moral de l’Armée ». Selon ses avocats, le renvoi de l’examen de la demande de libération de l’activiste « était prévisible et intervient dans le cadre de l’amnistie générale contre les prisonniers d’opinion qui sera prise par le nouveau président, juste après la cérémonie d’investiture ».