Fermement opposé au projet de la Fifa sur la tenue d’une Coupe du monde tous les deux ans, le président de l’UEFA Aleksander Ceferin assure dans les colonnes du Journal du Dimanche, paru hier, que l’Europe n’y participera pas si la réforme est votée. Le dirigeant slovène répond aussi au président Gianni Infantino après sa sortie polémique sur les migrants africains. L’UEFA persiste et signe. Par la voix de son président, Aleksander Ceferin, l’instance européenne a rappelé hier son opposition au projet d’une Coupe du monde tous les deux ans défendu par la Fifa. « Je suis sûr que ça n’arrivera pas car c’est un non-sens complet. Un projet populiste qui détruirait le football, a déclaré le patron slovène dans un entretien au JDD. Ça va à l’encontre de tous les principes de notre sport, des Jeux olympiques… Ce n’est pas juste mauvais pour l’Europe. C’est incroyable qu’une organisation de football puisse proposer que des joueurs, devant déjà supporter des charges trop lourdes, disputent chaque été un tournoi d’un mois. Peut-on imaginer par ailleurs à quel point ça cannibaliserait le football féminin ? »

Le « populisme » d’Infantino
Bien décidé à mener à bout son projet, la Fifa veut prendre son temps. Mais en dépit des oppositions, elle a le pouvoir de faire passer sa réforme en la soumettant au vote du Congrès même si son président, Gianni Infantino a assuré que ce n’est pas au programme de celui programmé le 31 mars prochain. Face à l’hypothèse d’un passage en force, Ceferin est ferme : « Avec l’Amérique du Sud, on a clairement déclaré qu’on ne la jouerait pas. Sans nous, ça ne serait plus une Coupe du monde. » Enfin, le patron de l’UEFA a aussi répondu à la sortie lunaire de Gianni Infantino, lequel a défendu son projet en évoquant le sort des migrants africains. « Nous devons donner aux Africains l’espoir qu’ils n’auront pas à traverser la Méditerranée pour peut-être avoir une vie meilleure ici. Nous devons leur donner des opportunités et de la dignité », avait déclaré le Suisse avant de nuancer ses propos après la polémique. Mais le mal est fait pour Aleksander Ceferin : « Cette déclaration ne mérite aucun commentaire. On ne devrait pas utiliser le football pour faire du populisme », souffle en guise de conclusion le boss de l’UEFA. n