Ils se sont encore retrouvés au centre de nombreux débats. Et ce n’est pas faute d’avoir fait leur travail différemment. D’un match inaugural entre l’Equateur et le Qatar où l’invalidation – pourtant justifiée – d’un but a suscité l’incompréhension, à une finale où la prestation de Szymon Marciniak a crispé, les arbitres de la Coupe du monde ont mis en application la toute nouvelle politique de la FIFA pour le déroulement du jeu.
Elle a donc rapidement été mise en exergue, avec la première détection semi-automatisée du hors-jeu qui a conduit à l’annulation d’un but équatorien, lors du premier match face au Qatar, alors que personne n’avait décelé, sur le terrain, la position illicite d’Estrada. L’autre grande nouveauté de l’arbitrage a également pointé le bout de son nez lors de cette première rencontre mais elle est devenue beaucoup évidente le lendemain, lors d’Angleterre – Iran, où pas moins de 26 minutes de temps additionnel ont été ajoutées sur l’ensemble du match.
Cette tendance, particulièrement marquée lors de la première journée de la phase de groupes, s’est quelque peu tarie par la suite avant de se normaliser autour des six ou sept minutes ajoutées en fin de rencontre lors des matches à élimination directe. Elle correspond à une volonté de la FIFA d’augmenter le temps de jeu effectif, qui n’a cessé de se réduire dans les compétitions de clubs ces dernières années. Pierluigi Collina, patron de la commission des arbitres de la plus haute instance du football mondial, a rendu l’intention publique.

UN PEU PLUS D’AVERTISSEMENTS… MAIS BEAUCOUP MOINS DE FAUTES
Ce souhait de rapprocher l’action autour des 60 minutes de jeu effectif a aussi poussé les officiels à beaucoup plus de clémence envers les joueurs. Même si les arbitres ont distribué plus de cartons jaunes qu’en 2018 (227 au Qatar contre 219 en Russie), ils ont aussi et surtout beaucoup moins soufflé dans le sifflet : 1548 fautes ont été signalées sur l’ensemble de la compétition, l’équivalent d’environ 24 par match (24,2 précisément). C’est sensiblement moins qu’il y a quatre ans (1734 fautes, 27,1 par match).
Certaines équipes, au jeu beaucoup plus agressif, ont profité de cet arbitrage plus indulgent. C’est le cas du Maroc, équipe ayant commis le plus de fautes (92) durant le tournoi, mais n’ayant reçu que sept avertissements en tout. L’Argentine, championne du monde, ne pourra pas s’en plaindre non plus, puisque les joueurs de l’Albiceleste ont provoqué 91 coups de sifflet (11 de plus que la Croatie, tout de même, et 26 de plus que la France) mais ont bouclé la compétition sans la moindre exclusion. Ce qui, au regard du comportement de certains joueurs argentins, y compris en finale, ressemble tout de même à un petit exploit.
Les hommes de Lionel Scaloni ont même survécu à leur confrontation face aux Pays-Bas en quarts, deuxième rencontre plus sanctionnée de l’histoire de la Coupe du monde (derrière Portugal – Pays-Bas 2006) avec 17 cartons mais une exclusion. Preuve qu’il fallait vraiment le vouloir pour voir rouge, puisque seuls quatre hommes ont dû quitter la pelouse avant leurs coéquipiers.

MANQUE D’HOMOGÉNÉITÉ AUTOUR DES PENALTIES
Il faudra donc peut-être remettre un prix à Wayne Hennessey, gardien du pays de Galles, unique joueur à avoir écopé d’un carton rouge direct (et après consultation du VAR !) pour sa sortie kamikaze face à l’Iran.
Et dire «good game» à l’Angleterre, rentrée à la maison avec un seul avertissement (Maguire) en tout. Paradoxalement, cette clémence n’a pas franchement eu d’incidence sur le nombre de penalties accordés.
Au total, 23 coups de pied de réparation, dont cinq rien que pour l’Argentine, ont été sifflés. C’est moins qu’en 2018 mais c’est autant qu’en 1998 et plus que lors de toutes les autres éditions.
Cela est toujours lié à la présence du VAR, bien sûr, mais aussi au manque d’homogénéité autour de certaines fautes fréquentes dans la surface, comme les mains ou les tirages de maillot.
La rencontre entre l’Angleterre et l’Iran a parfaitement illustré ces incohérences, puisque Taremi a obtenu un penalty pour un accrochage bien moins évident que celui subi par Maguire en tout début de match.
Mais parmi les faits d’arbitrage les plus étranges, on retiendra plus certainement l’annulation du but d’Antoine Griezmann face à la Tunisie après le coup de sifflet final.
Qui fut, fort heureusement, sans conséquence pour la suite de l’épopée des Bleus. n