Le Qatar a officiellement fermé les portes d’une très belle édition de Coupe du Monde 2022 remportée par l’Argentine face à la France au cours d’une finale légendaire. Les clefs sont dorénavant dans les mains des trois pays américains États-Unis, Canada et Mexique qui vont accueillir la prochaine édition en 2026. Mais deux ans avant de lancer la prochaine Coupe du Monde, la FIFA devra faire un choix crucial en tranchant la grande concurrence pour l’organisation du Mondial 2030. « Un élément très important, c’est que nous devons prendre en considération la santé et le bien-être des joueurs, d’où une fenêtre de quatre matchs, plutôt que des fenêtres de deux matchs (pour les trêves internationales, ndlr). Nous devons nous assurer qu’il y a une période de repos pour les joueurs. Nous allons consulter sur ces sujets et élaborer », a déclaré le président de la FIFA, Gianni Infantino, peu avant la finale Argentine-France, insistant par la même occasion sur les avantages de disputer un Mondial en hiver, au milieu de la saison des championnats plutôt « qu’à la fin d’une campagne épuisante ».

Le Maroc veut griller la priorité au trio Espagne – Portugal – Ukraine
Auteur d’une épopée flamboyante au Qatar, le Maroc a gagné le respect et la crédibilité de ses pairs sur la planète foot. Déjà candidate à cinq reprises (1994, 1998, 2006, 2010 et 2026), avec un dossier solide qui a bien failli battre le trio américain pour 2026, le pays des Lions de l’Atlas pourrait bien être tenté de déposer sa candidature pour organiser l’édition du centenaire. « Maintenant, nous cherchons à être un acteur clé de la dimension internationale au sein de la FIFA. La politique du Maroc a fait de nous un partenaire important pour tous les pays africains. Nous sommes présents dans les partenariats dans l’argent et les affaires, ainsi que dans le sport », avait affirmé Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), qui avait un temps mentionné l’hypothèse d’un dossier conjoint avec l’Espagne, finalement laissé de côté en raison du clash diplomatique hispano-marocain. Mais la priorité pour le moment côté marocain reste l’organisation d’une CAN. L’autre candidature à surveiller de près est l’association européenne entre l’Espagne, le Portugal et l’Ukraine. Si le dossier comportait à l’origine seulement les deux pays de la Péninsule ibérique, les présidents des fédérations espagnole et portugaise, respectivement Luis Rubiales et Fernando Gomes, ont annoncé l’intégration symbolique de l’Ukraine, en plein conflit avec la Russie.

L’Arabie saoudite pousse encore, l’Amérique du Sud veut sa fête
Le succès de la Coupe du Monde au Qatar a permis à un pays voisin de marquer beaucoup de points : l’Arabie Saoudite, victorieuse face aux futurs champions du monde argentins en phases de groupe. Le dossier saoudien est déjà bien développé, avec la conjointe participation de l’Egypte et de la Grèce, et continue de prendre de l’ampleur, alors que Gianni Infantino s’est entretenu, à plusieurs reprises durant l’édition qatarie, avec le prince héritier Mohammed bin Salman qui a été aperçu assis au côté du président de la FIFA durant plusieurs rencontres du dernier Mondial. Reste à voir comment les trois pays vont parvenir à finaliser un dossier cohérent, alors que la capitale de la Grèce (Athènes) et la capitale de l’Arabie saoudite (Riyad) sont séparées par plus de 2 500 kilomètres. Hormis la possible candidature du Maroc et le triptyque Espagne – Portugal – Ukraine, une autre candidature a été officiellement déposée dans les bureaux de la FIFA en Suisse et elle porte la marque de la Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL). Un total de quatre pays, Uruguay – Argentine – Chili – Paraguay, se sont réunis pour proposer un dossier béton afin de ramener la compétition sur le continent où le foot est érigé au rang d’art et d’objet culturel. Une candidature symbolique puisque l’édition 2030 marquera le centenaire de la compétition et l’Uruguay espère l’organiser 100 ans après la première édition sur le sol uruguayen. Une tâche qui s’annonce difficile puisque la CONMEBOL ne dispose que de dix voix à la FIFA.

Des candidatures abandonnées
Deux dossiers ont d’ores et déjà été mis à la poubelle. Le plus important étant l’association des îles Britanniques, composée de l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles, l’Irlande du Nord et l’Irlande : « Nous sommes très, très désireux de ramener le football à la maison en 2030 », avait promis l’ex Premier Ministre Boris Johnson, en mars 2021. Finalement, après plusieurs études de faisabilité réalisées par tous les gouvernements britanniques concernés, les fédérations ont préféré abandonner ce projet, ainsi que la lourde concurrence mondiale pour se concentrer sur l’organisation de l’Euro 2028 où ce même dossier pointe désormais en net favori. Une autre demande a coulé en raison du détachement d’un pays impliqué. Au début de l’année 2019, la Bulgarie, la Roumanie, la Grèce et la Serbie (plus communément appelé Groupe Craiova, coopération diplomatique et économique signée entre ces quatre pays) se sont conjointement mis à travailler sur l’élaboration d’un dossier solide pour l’organisation de l’Euro 2028 ou de la Coupe du Monde 2030. Mais quand la Grèce a donné son accord à l’Arabie saoudite et l’Egypte pour une candidature différente, celle précédemment signée avec ses pays voisins, a rapidement été abandonnée. D’autres offres ont fait part de leur intérêt, mais elles restent bien moins développées et ne devraient pas être officiellement déposées comme les précédentes expliquées : « Israël – Emirats Arabes Unis – Bahreïn » ; « Corée du Sud – Chine – Japon – Corée du Nord » ; « Tunisie – Algérie » ; « Colombie – Equateur – Pérou » ; « Kazakhstan » ; « Cameroun » ; « Australie – Indonésie » ; « Australie – Nouvelle-Zélande ». n