Entre Kylian Mbappé et l’Argentine, le contentieux est palpable. Balayée par la performance de l’attaquant en 2018, l’Albiceleste prépare sa revanche pour la finale de la Coupe du Monde au Qatar et n’oublie pas d’écrire tout un storytelling bien ficelé. Entre sa rivalité avec Messi et ses déclarations envers les sélections sud-américaines, le Parisien est dans le viseur.
Comme un air de revanche. 4 ans après le 8e de finale en Russie, les Bleus retrouveront l’Argentine en finale de la Coupe du Monde dans la quête d’une troisième étoile. Tous les ingrédients sont posés sur la table pour promettre une finale rêvée : Messi face à Mbappé. Car depuis la qualification de l’équipe de France mercredi soir, les médias argentins ont fait de l’attaquant tricolore un sujet majeur. On ne parle que de lui de l’autre côté de l’Atlantique, à tel point qu’on se prépare à un match Argentine-Mbappé. Il faut dire que le Parisien est dans le collimateur.
Depuis 2018 et le succès des Bleus contre l’Albiceleste en Coupe du Monde, Mbappé apparaît comme le briseur de rêve. Auteur d’un doublé ce jour-là, en plus d’avoir provoqué le penalty de l’ouverture du score, l’attaquant, alors âgé de 19 ans seulement, avait éclaté aux yeux de la planète football. C’est sa première véritable grande performance en sélection. Il avait été le grand artisan de la victoire (4-3) de l’équipe de France de Didier Deschamps, avant d’aller saluer Leo Messi à la mine déconfite. Aujourd’hui, les deux hommes sont coéquipiers au PSG.

« Duel de stars »
Olé ne s’y est pas trompé. Sitôt la qualification française acquise, il titrait «Messi contre Mbappé, le duel de stars en finale.» L’un jouera son dernier match de Coupe du Monde et espère enfin soulever le plus grand des trophées, celui qui manque à son grandiose palmarès. Cette idée romantique est probablement le souhait de la plupart des fans de foot. L’autre tentera de remporter le Mondial pour la seconde fois de sa carrière à même pas 24 ans, chose qui n’est plus arrivée depuis 1962. Une éternité.
L’Argentine a d’autres choses en mémoire. Outre les sujets du quotidien sur «comment arrêter Mbappé ?», les médias en ont profité pour rappeler les déclarations polémiques de Mbappé sur le niveau supposé des nations sud-américaines. « L’Argentine et le Brésil ne jouent pas des matches de haut niveau avant de se qualifier pour la Coupe du monde. En Amérique du Sud, le football n’est pas aussi avancé qu’en Europe. Et c’est pourquoi, quand on regarde les dernières Coupes du monde, ce sont toujours les Européens qui gagnent. »

Les Argentins n’ont pas oublié
Evidemment, l’occasion est parfaite pour ressortir ces propos, qui avaient fait grincer quelques dents à Buenos Aires. Certains n’ont d’ailleurs toujours pas avalé la pilule, comme Jorge Valdano, champion du monde en 1986 aux côtés de Diego Maradona. «Mbappé doit apprendre que parfois il est plus facile de ne pas dire toute la vérité» rappelait-il jeudi à La Nacion. À l’époque, les joueurs de l’Albiceleste n’avaient pas manqué de réagir non plus. «Qu’ils aillent en Bolivie, en Colombie, en Équateur… On verra si c’est facile pour eux», rétorquait Emiliano Martinez, quand Lautaro parlait lui d’une «déclaration injuste». Les Argentins sont prêts à beaucoup de choses pour contrarier Mbappé, même à employer les grands moyens. « Cuti (Cristian Romero,), Ota (Otamendi), Paredes, il faut lui faire les cuisses à Mbappé et la poitrine si on peut aussi ! » lâche Pipo Gorosito, l’entraîneur de Gimnasia. Traduisez par «mettez des coups !» D’ailleurs, Paredes ne devrait pas se faire prier pour passer à l’action, lui qui «n’avait pas de relation» avec Mbappé au PSG. L’attaquant serait même un peu responsable du départ du milieu de terrain, très proche de Messi mais aussi de Neymar. Pour prolonger, il avait souhaité le démantèlement du clan des Sud-Américains à Paris…

Successeur désigné
de Messi ?
Il a en partie obtenu gain de cause puisque Paredes et Di Maria ont filé à la Juventus. Tous ces éléments illustrent la tension que cristallise Kylian Mbappé, ce gamin à qui tout réussi depuis le début de sa carrière. Au point de voler la vedette au septuple Ballon d’Or ? Dans l’esprit des aficionados argentins, on n’en est pas loin.
Désigné pour succéder au Roi Messi, il efface peu à peu l’ombre de Cristiano Ronaldo, celui qui fut le meilleur rival de la Pulga pendant plus d’une décennie. Faut-il y voir une prise de pouvoir du Français ou une affirmation définitive de l’Argentin ? Seul le résultat de la finale en décidera. n