Pour un ténor, c’en est un. L’Egypte, le nom est ronflant et le palmarès lourd. Sept consécrations (record absolu) en 8 finales jouées (deuxième plus grand total après le Ghana qui en compte 9) lors des 21 phases finales disputées, les Egyptiens endossent le costume de favori pour leurs retrouvailles avec la Coupe d’Afrique des nations.

Pour cette 31e édition (14 janvier-5 février au Gabon), les Pharaons ont hérité de la poule « D ». L’aventure débute ce soir (20h00) à Port-Gentil contre le Mali. L’objectif sera, en premier lieu, de s’extirper d’un groupe qui compte aussi l’imprévisible Ouganda et… l’autre mastodonte : le Ghana.

Trois opus (2012, 2013 et 2015) que l’Egypte n’a pas pris part à la messe continentale. Une longue absence et le temps de se reconstruire pour une sélection qui avait aligné 3 sacres à la file (2006, 2008 et 2010). Une génération dorée des Aboutrika, Wael Gomaa, Ahmed Hassan outre le portier Essam El Hadary, unique rescapé de l’omnipotente dynastie égyptienne.
A 44 ans, le dernier rempart disputera, tenez-vous bien, sa 9e CAN. Ça aurait pu être la 12e si la sélection n’avait pas manqué les trois séquences précédentes. Même s’il ne sera pas titulaire, celui qui totalise 141 capes (3e international le plus capés derrière Ahmad (178) et Houssam (161) Hassan) écrira une page de l’histoire de prestigieux tournoi continental à la moindre minute jouée. Le vécu n’est pas le fort de cette Egypte relookée. Cependant, Ahmed Fathy (32 ans), l’un des rares expérimentés dans l’effectif d’Héctor Cúper, semble confiant pour ce qui est de ses chances et celles de ses compères de mener une bonne campagne. «Je suis très optimiste, nous avons une très bonne équipe avec des joueurs enthousiastes et déterminés à réaliser une bonne performance au Gabon. Je reste vraiment concentré et un peu soucieux par le match du Mali, car c’est notre premier match, et dans ce genre de compétitions, les débuts sont très importants », a lancé le défenseur d’Al Ahly SC. Parmi les armes, il y aura le talentueux Mohamed Salah (AS Rome/Italie), récemment élu Meilleur joueur arabe 2016. Au Romain s’ajoutent le très jeune Mahmoud Kahraba (21 ans) et Mohamed EL Nenny qui évolue à Arsenal. Le gisement de footballeurs est toujours inépuisable du coté du pays des Pyramides. De leur coté, les Maliens, homologues du soir, devront faire sans l’emblématique Seydou Keita, qui a pris sa retraite internationale, mais avec une belle et prometteuse jeunesse. Avec une moyenne d’âge de 25 ans, la fougue pourrait faire la différence dans ce rendez-vous biennal.