PAR MILINA KOUACI
Le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed a donné, hier, le coup d’envoi officiel de l’année scolaire 2022-23 depuis l’école primaire Lalla Fatma-N’Soumer dans la wilaya de Djanet.
Accompagné du wali de Djanet, Abdellah Chaieb Eddour, et des autorités civiles et militaires de la wilaya, le ministre de l‘Education nationale a, une nouvelle fois, assuré que la surcharge des classes n’a pas l’ampleur décrite et que les capacités d’accueil sont renforcées par plus de 400 nouveaux établissements. «Le problème de surcharge des classes n’est pas aussi grave qu’on le rapporte. La majorité des écoles travailleront confortablement», a indiqué le ministre lors d’un point de presse organisé en marge de sa visite à Djanet. «Vous allez constater de visu que le problème de surcharge des classes est sous contrôle. Il a été résolu avec les moyens disponibles», a dit le ministre, qui indique que le secteur de l’éducation a réceptionné 413 établissements scolaires et 1 700 classes en extension». Il a dans ce sens précisé que la situation est sous contrôle et que tous les écoliers en âge de scolarisation bénéficient d’une place pédagogique», soutenant que la surcharge des classes est relative et que très peu d’écoles en pâtissent».
Interrogé sur l’introduction de l’anglais au primaire, le ministre de l’Education a indiqué que les 5 357 enseignants recrutés ont déjà bénéficié de 60 heures de formation, du 8 au 19 septembre dernier. Ils ont suivi une formation préparatoire sur la méthodologie d’enseignement de la langue anglaise, la psychologie de l’enfant, ainsi que la législation scolaire, la gestion des valeurs et les pratiques pédagogiques. Cette formation «se poursuit toujours» bien que le niveau et la compétence des enseignants recrutés soient indiscutables du fait qu’ils sont licenciés en anglais ou en interprétariat (de et vers l’anglais)», souligne le ministre.
Quant au manuel dédié à l’enseignement de l’anglais intitulé «My book of english» (mon livre d’anglais), M. Belabed fait savoir qu’il est disponible dans toutes les écoles. Ce manuel est également disponible «en version braille» pour permettre aux élèves malvoyants d’apprendre cette langue.
Dans un autre contexte, le premier responsable du secteur fait savoir que pour la première fois depuis son instauration par les autorités, «le taux de versement de la prime de scolarité n’a jamais atteint le niveau actuel, à plus de 80% dont 4 millions d’élèves sont bénéficiaires».
S’agissant du programme scolaire qui n’est pas encore révisé, le ministre a rappelé que le président de la République a instruit de le réviser mais en prenant le temps qu’il faut et en se concertant avec les concernés pour un meilleur programme. Il a dans un autre volet rappelé les efforts consentis de l’Etat pour moderniser l’école et alléger le poids du cartable, à travers la dotation de 1 629 écoles primaires de tablettes numériques.
Il y a lieu de préciser que le ministre de l’Education nationale a assisté aux côtés des élèves au cours inaugural, dont le thème «une rentrée dans un environnement propre» arrêté par la tutelle, a porté sur l’importance de la préservation de cet aspect dans le quotidien de l’individu et de la société. M. Belabed, qui a inspecté les classes de 3e, 4e, et 5e année scolaire, équipées de tablettes numériques, a assisté, par ailleurs, à une partie du premier cours de langue anglaise, matière introduite en 3e année primaire.

Les superviseurs suspendent l’action de grève
Les superviseurs et adjoints de l’éducation ont sursis à la grève qu’ils devaient organiser hier. Le Syndicat national des superviseurs et adjoints de l’éducation (SNSAE) avait prévu à l’issue de son conseil national de boycotter toutes les activités liées à la rentrée scolaire, d’observer une journée de grève au premier jour de la rentrée et aussi tenir une action de protestation devant les directions de l’éducation le lendemain. Mais il a sursis à toutes ces actions après une réunion avec le ministère de l’Education. «Le SNSAE suspend ses actions pendant 10 jours», a annoncé le président du syndicat, Amar Zouidi. La formation syndicale sera reçue par la commission mixte chargée d’élaborer le nouveau statut particulier. Le syndicat s’est dit «consterné et indigné» par la commission qui n’a pris en considération aucune de ses propositions et lui reproche de «léser la corporation des superviseurs et adjoints de l’éducation. Le ministère a, en effet, prolongé le travail de ladite commission au 13 octobre prochain. Le département d’Abdelhakim Belabed compte convier les syndicats pour trois autres séances de travail pour débattre du statut des travailleurs de l’éducation.
Bien que le ministère a réussi à contenir et apaiser la colère des superviseurs de l’éducation, des enseignants affiliés à la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire (non agréée) protestent aujourd’hui devant une école relevant d’Alger ouest. Le syndicat accuse, en effet, la directrice de l’école 5-Juillet à Staoueli d’interdire à un enseignant d’accéder à l’école. Cet enseignant serait selon la même source «transféré arbitrairement à son insu après avoir falsifié une demande manuscrite en son nom». A la fin de l’année scolaire dernière, et après la protestation du personnel enseignant de l’école, une commission a été dépêchée et décidé de transférer la directrice de l’école au début de l’année scolaire prochaine, mais qui serait toujours à son poste, dénonce le syndicat. Les enseignants de ladite école reprochent à la direction de l’éducation d’Alger Ouest de ne pas tenir ses engagements et annoncent une action de protestation aujourd’hui. Les protestations pourraient marquer l’année scolaire en cours. En effet, les syndicats du secteur et autres relevant du secteur de la Fonction publique menacent de recourir aux protestations si leurs revendications liées à l’amélioration du pouvoir d’achat ne sont pas satisfaites.
Pour cause d’érosion du pouvoir d’achat, les syndicats du secteur réclament la revalorisation du point indiciaire, la protection du pouvoir d’achat particulier. «Si nos revendications restent insatisfaites, nous irons inéluctablement vers des actions de grève dans le cadre de la Confédération des syndicats algériens (CSA)» met en garde Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef. <