Les épreuves du Baccalauréat débutent aujourd’hui. Plus de 700 000 candidats inscrits à la session juin 2022, dont 13 000 candidats libres, répartis sur plus de 2500 centres d’examen au niveau national, s’apprêtent à concourir cinq jours durant pour accéder au cycle d’enseignement supérieur.

PAR MILINA KOUACI
Selon le ministère de l’Education nationale, aucun changement n’a été opéré quant au déroulement de l’examen du baccalauréat cette année par rapport aux années précédentes. Les candidats auront deux sujets au choix dans chaque matière, avec l’ajout d’une demi-heure dans le temps de réponse, en sus du temps règlementaire pour chaque matière. L’examen se déroule pour la troisième année consécutive dans des conditions exceptionnelles, marquées par l’adoption du protocole sanitaire et des mesures préventives contre la Covid-19.
Le ministère de l’Education avait assuré, que toutes les conditions étaient réunies pour le bon déroulement des épreuves nationales, appelant les élèves à faire preuve de vigilance et de responsabilité, et de ne pas se laisser influencer par les publications, les sujets ou les corrigés types fictifs relayés sur les réseaux sociaux en vue de les déconcentrer. L’inspecteur central du ministère de l’Éducation, Abbas Bakhtaoui, estime que l’éventualité de fuite des sujets relève de l’impossible, étant donné les mesures organisationnelles prises par le ministère de tutelle en collaborations avec d’autres départements ministériels et institutions étatiques pour la sécurisation de ces examens. Selon lui, les sujets sont sous haute sécurité et aucune fuite n’est possible.
La diffusion des sujets sur internet n’est tolérée qu’après l’écoulement de la moitié du temps imparti de chaque épreuve et après que les élèves commencent à quitter les salles de l’examen. Tout contrevenant est passible de peine allant à l’emprisonnement.
S’agissant des sujets d’examens, ils seront tirés des leçons dispensées en présentiel, et ce, conformément aux instructions données par le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, aux membres des Commissions chargées de l’élaboration des sujets sur la nécessité de tenir compte des cours dispensés en présentiel dans l’établissement scolaire durant les trois trimestres.
Le protocole sanitaire adopté lors des deux dernières sessions sera reconduit cette année et une couverture sanitaire sera assurée dans chaque centre d’examen par staff médical composé de médecin, infirmier et d’un psychologue seront présents dans chaque centre, en cas d’imprévu et afin d’assurer l’accompagnement psychologique aux candidats qui le nécessite.
Les centres d’examen ouvriront à 7h30. Les candidats doivent être à l’heure pour avoir le temps de repérer leurs salles d’examen et y accéder dans le calme sur présentation de la carte d’identité. Les épreuves débuteront à 8h30 et, passé ce délai, l’accès au centre ne sera plus possible, notamment après fermeture du portail et ouverture des plis des sujets.

Case prison pour les fraudeurs
Reste à savoir si l’Internet connaîtra cette année comme les années précédentes des perturbations ou si le ministère se contentera des mesures de sanctions prévues. Mais si l’on se fie aux dernières déclarations du ministre Belabed, l’éventualité de couper internet pour sécuriser les examens de fin d’année est évacuée. Ce dernier a indiqué lors du coup d’envoi du BEM à partir de Touggourt que l’ensemble des mesures nécessaires pour limiter la fraude et la triche via internet et les réseaux sociaux ont été mises en place tout en assurant que personne n’a parlé d’une coupure d’internet.
Belabed estime que la fraude a régressé grâce à la sensibilisation et aux mesures coercitives. Il s’agit en particulier de l’amendement du code pénal qui criminalise la fraude aux examens nationaux et concours et l’installation cette année, d’une cellule de veille et de suivi au niveau de chaque cour, en vue de prévenir et de lutter contre la fraude et les fuites des sujets des prochains examens officiels. Le ministère a indiqué qu’il veille à l’application rigoureuse de la loi contre les diffuseurs de faux sujets à travers les réseaux sociaux.
D’ailleurs, parquet du tribunal d’El Oued a placé sous mandat de dépôt un député et un chef de brigade par intérim vendredi dans le cadre d’une enquête sur une affaire de fraude au BEM dans cette wilaya. L’affaire a éclaté lorsque le chef du centre d’examen de la commune de Still dans la wilaya d’El Oued a informé la gendarmerie d’El Meghaier que le dénommé A.A a adressé une enveloppe contenant une réponse au sujet de mathématiques via le chef de la brigade de la gendarmerie et destinée à sa fille candidate au BEM. Suite à cet appel, le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête qui a abouti à l’arrestation de quatre personnes soupçonnées d’être impliquées dans cette tentative de fraude : il s’agit d’un député à l’APN, d’un chef de brigade de la gendarmerie par intérim ainsi que deux autres personnes placées sous contrôle judiciaire.
Les mis en cause ont été ensuite présentés devant le procureur de la République du tribunal d’El Oued, puis devant le juge d’instruction pour les chefs d’inculpation de fuiter les réponses et les sujets d’examen du BEM via un groupe de personnes, mauvaise utilisation de la fonction, incitation des fonctionnaires au trafic d’influence et mauvaise utilisation de la fonction. A Chlef, quatre personnes, dont deux candidats à l’examen du BEM, ont été déférées devant la justice pour leur implication présumée dans deux affaires de triche à l’aide d’un téléphone portable. La première affaire remonte au 8 juin en cours, lorsque le chef du centre d’examen d’un CEM de la commune de Chettia s’est présenté devant les services de la police pour dénoncer le cas d’un candidat pris en flagrant délit de triche, lors de l’examen de langue française, en utilisant un téléphone portable. Le candidat selon un communiqué rendu public par le procureur de la République près le tribunal de Chlef, communiquait avec un suspect à l’extérieur du centre d’examen. Les deux mis en cause ont comparu immédiatement devant le tribunal correctionnel, dans le cadre des procédures de comparution immédiate, pour «atteinte à l’intégrité des examens et fuite des sujets des examens de fin de cycle moyen», alors que le dossier du candidat mineur a été déféré devant le juge des mineurs pour le même délit. Le concerné a été entendu par le juge des mineurs en présence de son père et de sa défense, avant d’être remis à son père, tandis que la 2e accusée, dans cette affaire, a été condamnée à 18 mois de prison ferme, assortie d’une amende de 100.000 DA. S’agissant de la 2e affaire de fraude, un communiqué du procureur de la République près le tribunal de Ténés a fait cas d’un appel téléphonique émis, le 8 juin en cours, par le responsable du centre d’examen d’un CEM de Bouzeghai, pour dénoncer à la police une candidate prise, également, en flagrant délit de triche, par téléphone portable, à l’épreuve de langue française. L’enquête ouverte à ce sujet a permis d’identifier le 2e suspect avec qui la candidate était en communication. Suite à quoi, les deux suspectes ont été présentées devant le procureur de la République qui a déféré la prévenue majeure devant le juge d’instruction pour «atteinte à l’intégrité des examens et fuite des réponses des épreuves du BEM pendant les examens», alors que la candidate a été renvoyée devant le juge des mineurs pour le même délit. L’accusée majeure a été placée en détention provisoire, dans l’attente de son procès reporté au 15 juin prochain, tandis que la mineure a été remise à son père, a conclu le même communiqué. C’est pour dire que les candidats qui examineront demain sont prévenus.

UN PLAN DE LA GENDARMERIE NATIONALE POUR SECURISER les EPREUVES
Le Commandement de la Gendarmerie nationale (GN) a adopté un plan spécial à l’échelle nationale pour sécuriser les épreuves du Baccalauréat qui débutent aujourd’hui et assurer leur bon déroulement, a indiqué un communiqué du Commandement de la GN. Selon la même source, il a été procédé à la mise en place d’un plan spécial «axé principalement sur le déploiement de brigades fixes et mobiles et l’intensification des patrouilles de contrôle, renforcées par des unités aériennes de la GN, en vue de fluidifier la circulation, notamment au niveau des axes et routes menant vers les centres d’examen».
Le plan prévoit également «une présence permanente des services de la GN dans le périmètre des centres de déroulement de l’examen afin d’assurer aux candidats tranquillité et sérénité», a ajouté le communiqué. Il s’agit également de «sécuriser l’opération d’acheminement des sujets aux centres d’examen ainsi que l’opération de compostage et les centres de correction».
De son côté, la direction générale de la Protection civile a mis en place un dispositif opérationnel de prévention pour assurer la sécurité des centres d’examen. Les services techniques de prévention ont effectué des visites de prévention et de sécurité au niveau de tous les établissements scolaires retenus pour abriter ces examens. Ces services ont mobilisé un dispositif opérationnel composé de quelque 18562 agents d’intervention tous grades confondus, 1460 ambulances et 1026 camions anti-incendie pour assurer une couverture opérationnelle efficace et veiller sur la sécurité des candidats et des encadreurs.

6100 détenus passent l’examen du BAC

Quelque 6100 détenus passeront l’examen du baccalauréat (Session juin 2022) au niveau de 47 établissements pénitentiaires à l’échelle nationale, a indiqué samedi un communiqué de la Direction générale de l’administration pénitentiaire.
«6100 détenus sont inscrits à l’examen du BAC dont 147 femmes», a précisé le communiqué, ajoutant qu’«ils seront répartis sur 47 établissements pénitentiaires agréés comme étant centres d’examen, sous la supervision de l’Office national des examens et des concours (ONEC)». Ces candidats au BAC seront examinés dans 06 filières comme suit: lettres et philosophie (5912), langues étrangères (25), gestion et économie (73), sciences expérimentales (73), mathématiques (11) et math-technique (6), a souligné le document, précisant
«avoir été encadrés par 1102 enseignants tout au long de l’année scolaire 2021-2022, à l’instar des autres paliers et cycles d’enseignement». «Le coup d’envoi des épreuves du BAC, session juin 2022, sera donné depuis l’Etablissement de rééducation et de réinsertion
d’El Ménéa, sous la supervision du directeur général de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion», Said Zreb», a conclu le communiqué. <

Santé Aucun nouveau cas et aucun décès au Covid-19
Aucun nouveau cas confirmé de coronavirus (Covid-19) et aucune guérison n’ont été enregistrés, de même que pour les décès dont aucun cas n’a été déploré ces dernières 24 heures en Algérie, indique samedi le ministère de la Santé dans un communiqué.
Le total des cas confirmés se stabilise ainsi à 265.925, celui des décès demeure également inchangé (6.875 cas), ainsi que celui des patients guéris qui se stabilise à 178.435 cas. En outre, aucun patient n’est actuellement en soins intensifs, précise la même source, Toutefois, le ministère de la Santé rappelle, par la même occasion, la nécessité de maintenir la vigilance, en respectant les règles d’hygiène, la distanciation physique et le port du masque.