Par Hamid Bellagha
Encore une fois, le ministre de la Santé manifeste un coup de gueule envers les directeurs de la santé de plusieurs wilayas. La raison en est toujours le renvoi de malades atteints de la Covid-19 pour cause de saturation des lits. Pourtant, Benbouzid avait instruit ses troupes afin de recevoir tout malade contaminé qui se présenterait à leurs institutions sanitaires et, au pire des cas, de l’orienter vers une autre où il serait pris en charge. Cela n’a pas été le cas et l’on constate, à travers les réseaux sociaux, plusieurs «plaintes» de citoyens invités à se débrouiller pour trouver l’accueil nécessaire.
La valse-hésitation du ministre de la Santé pour la prise de décisions idoines contre les directeurs de la santé ne plaide aucunement pour une meilleure prise en charge des malades. Les menaces en l’air de Benbouzid laissent s’installer une indifférence et un fatalisme qui nous rappellent les graves manquements des prises en charge, surtout pour l’oxygène, lors de la 3e vague caractérisée par des dizaines de morts que l’on aurait pu éviter.
Pendant ce temps, la question concernant la vaccination de la femme enceinte est toujours suspendue, à laquelle vient s’ajouter celle des enfants, surtout ceux en bas âge. Vecteurs de transmissions par excellence, les enfants et les jeunes adolescents, à cheval entre le foyer familial et l’école, font promener le virus entre les deux, multipliant les clusters aux quatre coins de leurs déplacements.
A cet égard, il est fait mention de la fermeture de plusieurs classes dans des écoles et des lycées à Alger et à Tizi Ouzou, selon le porte-parole du Cnapeste. La cause serait la multiplication des cas contacts et des contaminations avérées, tout en soulignant que des dizaines d’institutions pour apprenants «traînent» des malades non déclarés, ne sachant pas le protocole nécessaire qui conduit à la fermeture des établissements.
Tout cela pour souligner l’incertitude qui plane sur des décisions médico-politiques devant être prises au plus vite. On est encore à se poser la question sur le besoin d’une troisième dose et pour quelle tranche d’âge ? Idem, comme relevé plus haut pour la femme enceinte, et depuis la rentrée, si nos têtes brunes doivent se faire piquer ou non. Des hésitations qui se payent cash comme on a pu le constater lors de la 3e vague chez nous, et pendant la 4e en Europe.
La balle est toujours chez le Conseil scientifique et le ministre de la Santé. Une concertation poussée et des brainstormings entre les deux seraient plus que capitaux. Et au risque de nous répéter, c’est toujours une question de vie ou de mort.