Interrogé par la Radio Rai ce lundi, Daniele Gastaldello, défenseur et capitaine de Brescia, s’est dit opposé à la reprise du championnat italien. Pour lui, c’est tout simplement «un coup de force».Contrairement à son président Massimo Cellino, Daniele Gastaldello n’a pas changé d’avis. Pour le capitaine de Brescia, la Serie A, interrompue depuis le 9 mars dernier en raison de la pandémie de Covid-19, ne doit pas reprendre. Et ce alors que tous les voyants semblent passer au vert les uns derrière les autres. «C’est un coup de force. Nous allons faire face à des risques pour l’intégrité physique des joueurs», a-t-il notamment lâché à l’émission «Radio Anch’io Sport» sur les ondes de Radio Rai. «Le fait de jouer beaucoup de matches, sous une forte chaleur, ne sera pas simple. En jouer à 16h30, c’est une chose scandaleuse, ce n’est pas faisable», poursuit-il, alors que le protocole de reprise de la compétition prévoit la modification des horaires des matches. Très remonté, Gastaldello rappelle que les joueurs de foot ne sont pas des «machines» mais bien des «êtres humains».

«Beaucoup de gens sont morts»
«Dans le reste de l’Italie, peut-être qu’on ne se rend pas compte de ce qu’il s’est passé en Lombardie (NDLR : plus de 15 000 morts au dernier bilan), regrette le défenseur de l’équipe lombarde. Nous avons vécu un drame important, beaucoup de gens sont morts (…) C’est un autre football qui repartirait. La forme physique sera différente, comme le contexte (à huis clos) va jouer. Il pourrait y avoir des grosses blessures. On ne pourra pas se prendre dans les bras après des buts, ce n’est pas du football. Il faut qu’on s’arrête puis on décidera. Si nous sommes derniers, c’est normal que nous descendions en deuxième division. Le football doit redevenir la passion de tout le monde et ce n’est pas le cas actuellement. Il y a d’autres choses plus importantes.» Enfin, concernant la délicate question des contrats et des salaires, Gastaldello se montre alarmiste. «Les fins de contrat sont un problème, estime-t-il. Nous, les footballeurs, sommes privilégiés mais il y en a aussi qui jouent dans des divisions inférieures. Ils gagnent le minimum fédéral et doivent nourrir une famille. Il faut donc qu’ils touchent leur salaire, et pas en retard. Tout le monde n’est pas Cristiano Ronaldo.» n