Le coup d’envoi de la 13e édition du Festival national du théâtre professionnel (Fntp) a été donné avant-hier soir au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, en présence du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh et d’une très nombreuse assistance, fidèle au quatrième art.

C’est en grande pompe qu’a été donné, avant-hier, le coup d’envoi de l’édition 2018 du Festival national de théâtre professionnel (Fntp) dédiée à la grande dame des planches, la regretté Sonia, au Théâtre national algérien Mahiedinne-Bachtarzi (TNA). La soirée a débuté avec l’hymne national, suivi d’une projection d’un court documentaire, réalisé par Ali Aïssaoui, retraçant le parcours exemplaire de Sonia sur les planches du théâtre algérien durant une quarantaine d’années. Les présents ont, aussi, apprécié un extrait du premier monodrame de Sonia, sous la direction de Ziani Chérif Ayad, intitulé «Fatma», interprété par la comédienne Nesrine Belhadj, qui est aussi membre du jury de cette édition. Ce spectacle, qui a connu de nombreux succès, raconte le quotidien d’une femme de ménage algéroise en quête de liberté, au début des années 1990.

Vibrant hommage à Sonia, « la Sultane » des planches
Le ministre de la Culture a salué, dans son allocution d’ouverture, l’initiative de baptiser cette nouvelle édition du nom de la « Sultane des planches. « Je salue le choix des organisateurs du festival d’avoir baptisé cette treizième édition du nom de la grande dame du théâtre, Sonia, qui s’était appropriée les planches des théâtres nationaux et internationaux. Elle a contribué à la promotion du théâtre algérien avec ses performances remarquables et son interprétation distinguée», affirmera-t-il. M. Mihoubi a souligné, également, que cette édition a connu une forte participation de tous les théâtres algériens. «Les participants ont mis en scène des textes de nos écrivains algériens. Ils ont ainsi relevé un défi que j’avais lancé depuis longtemps», en ajoutant que «la génération actuelle présente des œuvres sérieuses en interaction avec les transformations du théâtre algérien». Le ministre de la Culture a déclaré d’autre part que le travail de la nouvelle génération de dramaturges et le répertoire du théâtre algérien représentent la vitrine du théâtre par excellence. A chacune de leurs participations à des festivals en dehors de l’Algérie, ils nous reviennent avec des prix. Une récompense méritée pour le travail ardu accompli par les dramaturges algériens». Il a souligné, aussi, que «le ministère de la Culture n’hésitera pas à prêter main forte au théâtre algérien dans la mesure du possible, et a toujours veillé à ce que nous nous sentions responsables du quatrième art, qui est considéré comme une cause nationale».

Soutien à la nouvelle génération

Dans cet esprit, Azzedine Mihoubi a annoncé que son département instituera prochainement une journée nationale pour le théâtre et le cinéma algériens. «C’est l’expression de notre gratitude à tous ceux qui ont contribué au développement culturel, théâtral ou cinématographique», confie-t-il. En poursuivant : «Tous les processus liés au développement du mouvement théâtral algérien ne peuvent pas être purement administratifs, mais se feront en consultation avec les acteurs du mouvement théâtral ».
Selon M. Mihoubi, le ministère de la Culture est prêt à soutenir les associations et les coopératives et estimera, d’autre part, que «le théâtre n’est pas produit par des institutions mais par la société, ceci par le biais d’associations, de coopératives qui sont les leaders du mouvement théâtral », a-t-il dit. Dans sa longue allocution, le ministre de la Culture a aussi évoqué que le prix international Mustapha-Kateb des études sur le théâtre algérien «prouve que le théâtre algérien s’est imposé avec une expérience forte et profonde au niveau du théâtre arabe et international». Illustrant ses propos par l’expérience d’Alloula, enseignée dans plusieurs institutions internationales du théâtre en Europe et ailleurs. «Nous saluons les expériences que nous offrons au théâtre algérien et travaillons à des études plus critiques et académiques. Nous encourageons les initiatives d’associations culturelles, notamment l’association culturelle Numidya de Bordj Bou-Arréridj, et la création du prix M’hamed-Benguettaf pour l’écriture théâtrale pour adultes et pour enfants. C’est de notre devoir de soutenir tout projet relatif à l’enfant.»

Une diversité d’œuvres dans le partage et l’échange
De son côté, le commissaire de ce grand rendez-vous théâtral, Mohamed Yahiaoui, a rappelé que le théâtre algérien s’efforce de porter cet art au plus haut niveau. Ajoutant que «Sonia est une bougie scintillante d’une génération marquée par la créativité et l’excellence.
Le festival est fier d’attribuer cette édition en l’honneur de cette artiste qui est la Sultane du théâtre algérien». Mohamed Yahiaoui dira ensuite que «cette année, le festival mettra également l’accent sur la diversité des œuvres qui se dérouleront sur la scène nationale. Il permettra aux praticiens et aux critiques de se rencontrer, discuter débattre sur le théâtre et de donner au public l’occasion de découvrir les nouveautés». La suite de la soirée a été marquée par deux hommages, le premier au metteur en scène Youcef Taouint vule travail qu’il a accompli au sein du Mouvement théâtral de Koléa (MTK) et le deuxième au comédien Rabah Allan, et cela en guise de remerciements pour leur travail exemplaire pour le quatrième art. La pièce «Hzam El Ghoula» du metteur scène Mouhoub Latrache, représentant le Théâtre régional de Béjaïa, a ouvert, en dernière partie de la soirée, la compétition du 13e FNTP. La pièce basée sur un texte adaptée par Omar Fetmouche de «La quadrature du cercle», du dramaturge russe Valentin Kataïev, raconte l’histoire de deux couples de nouveaux mariés, contraints de cohabiter dans un espace réduit. «Hzam El Ghoula» a été talentueusement interprété par Djohra Deraghla, Soraya Simoud, Sofiane Hadj Ali, Mohamed Lefkir, Mouhoub Latrèche et Mohamed Ferchouli , plaçant d’emblée très haut la barre de la compétition.