Par Feriel Nourine
Opération de grande envergure réalisée en une semaine par les garde-côtes algériens. Pour la seule période allant du 13 au 19 octobre courant, ces derniers ont mis en échec plusieurs tentatives d’immigration clandestine et secouru 701 individus interceptés au niveau des côtes nationales, indique un communiqué du ministère de la Défense nationale. Par ailleurs, 118 autres migrants clandestins, issus de différentes nationalités, ont été appréhendés à In Amenas, Tlemcen, Aïn Temouchent et Ghardaïa, ajoute le MDN.
Dans le cas des candidats à l’immigration clandestine interceptés en mer, le chiffre est immense, mais surtout inquiétant, en ce sens qu’il confirme, une nouvelle fois, le renforcement massif des rangs des harragas. En dépit des nombreuses aventures du genre qui s’achèvent par le chavirement des embarcations et le périssement de leurs passagers, les Algériens sont de plus en plus nombreux à se jeter dans les eaux à hauts risque de la mer, sous escorte de rêve d’une vie meilleure qui n’est en fait qu’un leurre que des familles entières finissent par partager aujourd’hui dans l’affliction d’un drame national.
Depuis le début de l’été, le phénomène de la harga s’est amplifié plus que jamais auparavant, et le dernier chiffre du sauvetage opéré par les garde-côtes au sein des migrants clandestins a sans doute de quoi faire réfléchir davantage sur cette fièvre du départ vers d’autres rives qui a gagné en degrés chez les Algériens, sans distinction d’âge, de sexe, et même sans distinction de classe sociale. On a vu même des parents accompagnés de leurs enfants en bas âge, des femmes enceintes ou encore des handicapés prendre place dans ces embarcations pour un départ sans arrivée à destination ni retour au pays.
Premier pays inscrit sur la liste des harragas, l’Espagne qui enregistre des accostages réguliers sur ses côtes sud, lesquels assistent à une montée sans précédent de traversées en provenance de l’Algérie, principalement à partir des côtes ouest du pays.
Ayant gagné en contingents et en nombre de départs ces derniers mois, la ruée d’Algériens vers l’Espagne se poursuit toujours, gagnant même en nombre. Ces derniers partent, en effet, par centaines vers ce pays dans des embarcations légères. Selon le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, «près de 1900 migrants irréguliers sont arrivés par la mer en Espagne dans la semaine du 27/09 au 3/10». Ce dernier a précisé, sur son compte Twitter que 72% d’entre eux étaient d’Algérie, soit 1368 personnes, 21% du Maroc et 7% d’autres nationalités. Et de souligner que «jamais la proportion d’Algériens n’avait été si élevée», sachant que «jusqu’à septembre, l’immigration a augmenté de 51%», a expliqué le journaliste espagnol.
De son côté, l’activiste Francisco Jose Clemente Martin, du Centre international d’identification les migrants disparus (CIPIMD), signale régulièrement les embarcations et le nombre de migrants qui atteignent l’Espagne. Il signale également les embarcations portées disparues en haute mer.
L’été dernier, il avait signalé l’arrivée de milliers de migrants clandestins algériens en Espagne, dont plus de 2200 harragas recensés pour le seul mois de juillet. Le 4 septembre, près de 200 migrants algériens ont été interceptés par les garde-côtes espagnols, puis 1000 autres, le 20 du même mois, selon la même source. n