Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), un des deux grands partis de la coalition au pouvoir, a salué, mardi, l’amnistie de 800 personnes, dont l’ex-Première dame Simone Gbagbo, y voyant une «décrispation politique» dans le pays. Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé, lundi, cette amnistie pour favoriser la réconciliation nationale.

Le PDCI était jusqu’à présent l’allié du Rassemblement des Républicains (RDR) du président Ouattara, mais de fortes tensions agitent la coalition au pouvoir, à deux mois des élections locales et à deux ans de la présidentielle. «Le PDCI-RDA (…) salue la libération des prisonniers politiques», a déclaré son chef Henri Konan Bédié (président de 1993 à 1999) dans un communiqué transmis à l’AFP. Le PDCI «voudrait être assuré que cette libération contribuera, à n’en point douter, à une décrispation de la vie politique dans notre pays», pour «qu’aucun Ivoirien ne soit contraint à l’exil».

Simone Gbagbo, incarcérée depuis sept ans et qui purge une peine de 20 ans, «sera remise en liberté demain, après que les formalités judiciaires aient été faites», a affirmé mardi à l’AFP Me Rodrigue Dadjé. Mme Gbagbo est également poursuivie par la Cour pénale internationale qui a délivré contre elle un mandat d’arrêt en février 2012. Mais le président Ouattara a affirmé en février 2016 qu’il «n’enverrait plus d’Ivoiriens» à la CPI, estimant que son pays avait désormais une «justice opérationnelle». Laurent Gbagbo est, quant à lui, à La Haye depuis 2011 au centre de détention de la CPI où se déroule depuis 2016 son procès pour crimes contre l’humanité, pour des faits remontant à la crise de 2010-2011, qui a fait 3.000 morts.