Deux mi-temps, deux visages et une victoire qui ne dissipe pas les incertitudes.

Samedi, l’Equipe nationale s’était imposée contre la Mauritanie sur le score de 3 buts à 1 en amical. Un match comptant pour la préparation de la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier au 5 février) qui sera abritée par le Gabon. Le moins que l’on puisse dire est que les Verts se cherchent toujours. A six jours de leur entrée en lice dans la CAN, c’est l’inquiétude qui prévaut.

Un axe central aux abois, un milieu de terrain en manque de créativité et mal inspiré outre ce dispositif tactique déséquilibré, la première période des « Fennecs » était cataclysmique contre un adversaire qui semblait (largement) dans leurs cordes sur le papier. Preuve à l’appui, les Mauritaniens ont terminé la première période devant au tableau d’affichage (1-0). Un avantage qu’ils doivent au pénalty transformé par El Hacen El ID dès la 17e minute. Une punition logique pour une mauvaise relance signée Hichem Belkaroui devenu incontournable… mais dans les bévues défensives. L’ancien défenseur de l’USM El-Harrach venait, c’est presque une certitude, de donner le coup de grâce à ses dernières chances de faire partie du tandem défensif qui évoluera lors du tournoi africain. Et ce, même si le sélectionneur Georges Leekens veut faire croire que le sort du longiligne axial n’est pas scellé. « Jamais je ne fais une analyse sur un joueur, que ce soit positive ou négative. Je ne suis pas du genre à lâcher mes troupes, et je ne vais pas blâmer Belkaroui.
Parfois un joueur peut passer par une mauvaise période, comme c’est le cas de Feghouli récemment avec son équipe, mais une mauvaise journée n’est pas forcément une mauvaise saison», a tenté de dédramatiser le coach de l’EN qui prend « l’exemple de Brahimi, qui n’a pas réussi un excellent début de saison avec Porto, avant de livrer une prestation remarquable face au Nigéria, qui lui a permis de reprendre confiance et retrouver sa place de titulaire en club. Le moral et le mental est très important pour un joueur, et je ne suis pas ici pour tuer mes joueurs.» Cependant, Belkaroui a cédé sa place à Ramy Bensebaïni à la pause. Un changement et un tournant crucial dans la partie puisque l’incorporation du pur produit du Paradou AC a donné de la stabilité à tout le bloc. Le pensionnaire du Stade Rennais semblait serein et appliqué tant dans ses sorties de balle que ses interventions. Belkaroui n’a pas saisi le sursis que le driver lui a accordé après sa bourde face au Nigéria le 12 novembre dernier. Le sociétaire du club africain ne peut être que condamné au banc si la logique de la concurrence est appliquée.

Belkhiter a mangé son «flanc»
Insaisissable sur le couloir droit, Mokhtar Belkhither a saisi sa chance en étant à la hauteur de la confiance mise en lui par son entraîneur. Très disponible sur le flanc, l’ex-joueur du MC El-Eulma a livré une superbe prestation. Elle aurait pu être parfaite s’il avait été plus lucide dans ses centres qui ont souvent trouvé les mains du portier des « Mourabitounes ». Un apport offensif considérable et des allers-retours incessants, celui qui a fait son baptême du feu avec le « Club Algérie » a, comme on dit dans le jargon footballistique, mangé la ligne droite. Au fil des minutes, le joueur qui fêtera ses 25 ans le 17 janvier prochain jouait plus confiant et libéré au point de devenir intenable. Le seul reproche qu’on pourrait lui faire c’est qu’il s’est surdépensé par moments avec des dédoublements et certaines accélérations inutiles. Se canaliser pour faire une prestation optimale et pouvoir bien terminer les rencontres, c’est ce que le latéral devra parfaire. Surtout lors du séjour gabonais où il devra, si Leekens le boulonne dans son «starting XI», enchaîner tous les trois jours et face à de sérieux clients. Le défi physique sera important. En tout cas, le successeur de Rajevac a semblé séduit par son poulain : « Moi, je ne veux pas une équipe de onze éléments seulement mais plutôt un groupe de 23 joueurs, et le fait de prendre un risque de convoquer un élément comme Belkhiter va au contraire apporter de la concurrence, ce qui va élever le niveau. Il faut souligner sa bonne première car il a livré une bonne prestation », a-t-il admiré.

Hanni, quelle quiétude !
L’autre satisfaction de l’empoignade de samedi était certainement Sofiane Hanni qui a fêté sa première titularisation de la meilleure manière qui soit. Un but (celui de l’égalisation) et une passe presque décisive sur le troisième but de Nabil Bentaleb, celui qui enregistrait sa 2e apparition avec la tunique de l’Algérie a montré qu’il avait du ballon et de la qualité à faire valoir dans le compartiment offensif. Très créateur et habile des deux pieds, le milieu-offensif, sacré meilleur joueur africain en Belgique l’an dernier ‘Soulier d’Ebène), n’a laissé personne indifférent à sa justesse technique et sa faculté à créer les décalages. Leekens détient une belle carte pour le rendez-vous biennal avec un élément qui peut jouer sur le flanc ou derrière les attaquants. Avec un peu plus de liberté, le numéro 10 du Royal Sporting club d’Anderlecht pourrait devenir souverain dans l’échiquier d’« El-Khadra » plus vite que certains l’imaginaient.

Allô, réveillez-vous !
Ces lueurs dans la grisaille ne doivent pas cacher le rendement d’ensemble qui était, disons-le clairement, proche du passable et près de la médiocrité et du méconnaissable. Les Guerriers du Sahara étaient plus dans la réaction que l’action et la création. Lors de la CAN au Gabon, le relâchement et le manque d’implication se payera cash. Samedi, lorsque certains trimaient sur la pelouse pour essayer de briller lors du casting, des titulaires habituels étaient sur le banc de touche à… pianoter sur les écrans de leurs smartphones. Pas très intelligent ni respectueux comme attitude même si les joueurs en question savaient qu’ils n’allaient pas être de la partie.
Le premier responsable de la barre technique a préféré les ménager. A quelques jours du début de la messe africaine, les airs de colonie de vacances ne sont pas acceptables. Il ne faudra pas se déconnecter de la réalité qui dit que l’Equipe nationale n’a pas encore trouvé ses repères pour le prestigieux événement continental. Un footballeur ne doit avoir que son équipement, ses chaussures et ses protèges tibia quand il sort du tunnel. Quant aux doudounes, elles servent à se protéger du froid et non pas cacher des outils de distraction quand le temps est aux choses sérieuses.