Le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), le Pr. Bouzid Lazhari, a mis en évidence, mercredi dernier, le rôle des médias dans la lutte contre la corruption, et ce, à travers la liberté d’expression et le droit du journaliste à l’information.
La propagation de la corruption dans tous les secteurs est à l’origine de «la rupture des liens entre le gouverneur et le gouverné», d’où l’impératif d’œuvrer à «la moralisation de la vie politique», a souligné M. Lazhari lors d’un atelier sur «l’impact de la corruption sur les droits de l’Homme», organisé mercredi et jeudi par le CNDH et l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLC), en collaboration avec l’Organisation internationale de la réforme pénale pour la région MENA.
Le même responsable a insisté sur l’impératif de «définir des mécanismes et modalités pour l’éradication de la corruption», avec la contribution, bien entendu, de la justice et de la police judiciaire relevant des corps de sécurité.
Force est de constater que la corruption s’est épanouie ces deux dernières décennies en Algérie, comme sans doute jamais auparavant. Même si ce phénomène n’a, en fait, cessé de porter atteinte au pays depuis l’Indépendance, le système en place depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdelaziz Bouteflika a réussi à en faire un code de conduite, voire un code moral, qui s’applique à différentes sphères de la société, impliquant différents acteurs de la société, quel que soit leur rang ou leur rôle.
Pour résumer la situation, le directeur de l’Office central de la répression de la corruption (OCRC), Mokhtar Lakhdari, dira, lors du même atelier, que la corruption a connu «une tendance haussière qui rend difficile les efforts de lutte contre ce phénomène». La lutte contre la corruption «n’est pas chose nouvelle mais elle était un leitmotiv accompagnant toutes les mutations politiques qu’a connues l’Algérie depuis l’Indépendance. Toutefois, la réalité démontre que celle-ci (la corruption) a connu une tendance haussière et nous n’avons pas réussi à y mettre fin», a avoué M. Lakhdari. Un événement qui (hasard du calendrier ?) se tenait alors qu’un lourd dossier de corruption était traité à la Cour d’Alger, lords du procès en appel des affaires de montage automobile et de financement de la campagne électorale pour le cinquième mandat.
Le même responsable considère qu’«il est impératif de s’appuyer sur deux éléments essentiels en vue de lutter contre la corruption, à savoir accorder une attention particulière à la revendication populaire de laquelle est issue une volonté politique exprimée dans le discours officiel et considérer la corruption comme une attitude individuelle et non un dysfonctionnement institutionnel».
De son côté, le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), le Pr. Bouzid Lazhari a affirmé que la lutte contre la corruption nécessitait des mécanismes bien définis, à même de l’éradiquer. Une démarche qui fait contribuer la justice et la police judiciaire relevant des corps de sécurité, a-t-il précisé.