C’est un véritable pavé dans la mare qu’a jeté Baha-Eddine Tliba, lors de son procès qui s’est ouvert mercredi dernier. De gros noms ont été cités par le mis en cause dans une affaire de corruption, de financement de partis politiques et de blanchiment d’argent. Jusqu’à présent, c’est sous forme de rumeurs ou d’indiscrétions que l’achat des sièges à l’Assemblée nationale a été évoqué sur la place publique. Mercredi, ce sont les mis en cause dans une vaste opération de corruption et d’achat de sièges et de places sur les listes électorales qui ont pris la parole, à l’occasion de l’ouverture du procès du sulfureux député encarté FLN, Baha-Eddine Tliba, pour s’adonner à des révélations pour le moins fracassantes et compromettantes. Désormais le doute n’est plus permis sur le traficotage des opérations de préparation des candidatures à la députation et de surcroit l’œuvre des plus hauts responsables de l’Etat du temps du président déchu Abdelaziz Bouteflika. De sérieuses questions se posent à présent sur la légitimité de l’actuelle Assemblée. La dernière semaine judiciaire s’est terminée sur cette affaire aussi tonitruante que les précédentes, alors que s’ouvre, aujourd’hui, une nouvelle semaine de procès qui, de prime abord, promets des révélations aussi gravissimes sur la légèreté par laquelle les affaires de l’Etat étaient gérées du temps d’Abdelaziz Bouteflika. De très haut responsables étaient ainsi trainés dans la boue de la corruption autour des candidatures à la députation par le député FLN, Baha-Eddine Tliba, dont Abdelmalek Sellal, Tayeb Louh et Noureddine Bedoui, respectivement anciens Premier ministre, ministre de la Justice et ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales. Ce dernier vient d’être cité pour la seconde fois dans les procès impliquant les hommes d’affaires qui tournaient, jadis, autour de l’ancien président, Abdelaziz Bouteflika. Abdelmalek Sellal était mêlé à plusieurs de ces affaires de corruption, tandis que Tayeb Louh était cité bien avant cette affaire soulevée par Baha-Eddine Tliba dans le procès impliquant l’ancien DGSN. Tayeb Louh est actuellement en détention provisoire, tandis qu’Abdelmalek Sellal était plusieurs fois condamné dans différentes affaires. En revanche, le nom de Noureddine Bedoui a été déjà cité dans l’affaire de faux et usages de faux qui éclaboussait Ali Haddad. L’affaire portait sur la détention par le patron de l’ETRHB d’un deuxième passeport alors qu’il en avait déjà. L’ancien Premier ministre du gouvernement des affaires courantes devait également comparaîtra le mois de juin dernier devant le juge près le tribunal de Boumerdès en qualité de témoin dans l’affaire du détournement de foncier par l’ancien directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel et son fils. C’est la troisième fois que le nom de l’ancien ministre de l’Intérieur est cité, suscitant moult questionnements sur la future réaction de la justice après que son nom ait été cité pour la troisième fois. Sa prétendue participation dans la mécanique bien huilée des choix des candidats à la députation met davantage de pression sur lui, alors qu’il était jusqu’ici complètement absent des radars. Selon des avocats, tous les responsables cités dans cette magouille autour des rachats des sièges de députés, dont Abdelmalek Sellal, Tayeb Louh et Noureddine Bedoui, doivent être convoqués au moins comme témoins dans cette affaire soulevée par Baha-Eddine Tliba, autrement les confidences du député du FLN doivent tomber sous le coup d’une fausse déclaration. Et ce serait une autre accusation qui viendrait s’ajouter au dossier de Baha-Eddine Tliba.