Une nouvelle étude scientifique, basée sur des données enregistrées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni entre le 24 mars et le 23 avril derniers, a conclu que le risque de contamination à la Covid-19 était 3,5 fois supérieur à la moyenne pour le personnel de santé. L’étude publiée hier samedi par la revue scientifique britannique «The Lancet», après analyse et corrélation de données entrées par les utilisateurs d’une application spéciale «Covid» sur Smartphone, souligne que les cas confirmés de Covid-19 était précisément de 2 747 pour 100 000 soignants, alors qu’ils n’étaient pour le reste de la population «que» de 242 cas pour 100 000 usagers.
Tendance que l’on peut rapporter à la situation en Algérie, où la liste des médecins, infirmiers et personnels des structures hospitalières victimes de la Covid-19 s’allonge de jour en jour. Les derniers chiffres constatés par le ministère de la Santé, fin juillet, faisaient état de 2 300 contaminations parmi le personnel de santé, alors que le nombre total de cas confirmés dans le pays était à la même période de près de 25 000. Premier rempart de la société face à la pandémie, premiers contaminés avec près d’un dixième des cas confirmés. Le personnel de santé est également en proportion la première profession victime du coronavirus en Algérie ; les chiffres disponibles, à la fin du mois de juillet, faisaient ainsi état de 44 décès parmi le corps soignant. Etude scientifique internationale dont les auteurs expliquent avoir pris en compte la différence d’accès aux tests entre les soignants et le reste de la population. Il apparaît également que le risque de contamination est inégal parmi le personnel de santé lui-même, les contaminations seraient ainsi plus fréquentes aux Etats-Unis et au Royaume-Uni pour les soignants se déclarant «issus de minorités ethniques, noirs ou asiatiques». Les auteurs de l’étude avancent deux explications possibles, une plus forte représentation de soignants issus de minorités «dans des environnements cliniques plus risqués, avec des patients Covid suspectés ou confirmés, et avaient moins accès à du matériel de protection adéquat», note le Dr Erica Warner, de l’Ecole de médecine de Harvard. Ou encore un accès plus limité aux masques, gants, surblouses et autres protections. L’étude a ajouté par ailleurs, à propos de l’équipement de protections, que l’utilisation de matériel de protection considéré par les personnels comme inadéquat augmentait de 1,3 le risque de contamination. Un chiffre d’autant plus important que l’étude des données recueillies auprès de 2,1 millions de personnes, dont 99 795 s’identifiant comme soignants en contact direct des patients Covid-19, a porté sur «une période de pénurie d’équipements de protection», précise les auteurs de l’étude. <