Par Nadir Kadi
L’information de la découverte macabre rapportée hier matin par la presse électronique a été confirmée par des sources policières. En effet, deux corps, visiblement de passagers clandestins, ont été retrouvés sur le tarmac de l’aéroport international Houari-Boumediène et, plus précisément, dans la soute à bagages d’un avion de la compagnie Air Algérie.
La chaîne El-Hayet a, en effet, annoncé que la découverte macabre avait eu lieu à bord d’un avion ayant effectué plusieurs rotations, ces derniers jours, entre Alger, Dubaï, Barcelone et Paris. La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), citée par l’APS, explique pour sa part que les victimes sont deux hommes «dont l’âge est entre 20 et 23 ans». D’autres sources ajoutent qu’il s’agirait de deux frères.
Si aucune indication n’a été communiquée à propos de la date exacte du décès des deux hommes ni même sur les conditions dans lesquelles les deux personnes ont réussi à monter à bord de l’avion, de type Airbus A330-200, immatriculé 7T-VJB, cette nouvelle affaire dramatique relance néanmoins le débat sur la sécurité des infrastructures aéroportuaires en Algérie. La découverte macabre faite par les agents de la compagnie aux alentours de cinq heures du matin a, par ailleurs, entraîné, selon les mêmes sources de presse, une très forte présence de la police scientifique aux abords de l’appareil. Des autopsies, ainsi que l’ouverture d’une enquête ont été ordonnées sur instruction du procureur de la République près le tribunal de Dar El Beïda.
Quant aux dernières destinations de l’appareil d’Air Algérie, un avion encore programmé hier pour un vol vers Paris, il se serait agi, selon les données des plans de vol collectées par le site internet Flightradar, des villes de Paris, Dubaï et Barcelone, les 1, 2 et 3 juin. Aucune indication ne permet pour le moment d’affirmer la «destination» visée ni même la date de décès des présumés «passagers clandestins».
Si les informations restent encore très parcellaires quant à la manière de savoir comment les deux jeunes ont pu semer la vigilance des gardes pour franchir les barrières sécuritaires et s’introduire à l’intérieur de l’avion, elles rappellent toutefois le cas d’un passager clandestin ayant miraculeusement échappé à la mort, le 9 mars dernier, sur un vol entre Constantine et Paris. L’adolescent de 16 ans avait, en effet, passé plus de dix jours dans la soute d’un avion d’Air Algérie avant d’être retrouvé par les agents de l’aéroport Charles-de-Gaulle, puis pris en charge par un établissement de santé.
Les témoignages recueillis au moment des faits avaient qualifié le clandestin de «miraculé», rappelant qu’aucune norme de sécurité, taux d’oxygène ou température, n’est garantie dans de telles conditions. Quant aux déclarations de l’adolescent sur les conditions qui lui avaient permis d’accéder au tarmac de l’aéroport Mohamed-Boudiaf de Constantine, il avait simplement indiqué avoir attendu le départ d’un garde pour passer sous les clôtures de l’aéroport. n