Avec la grève de deux jours, entamée hier par les corps communs de l’Education nationale
à l’appel du Syndicat national des corps communs et ouvriers professionnels de l’Education (SNCCOPEN), c’est la protestation qui semble s’installer à nouveau dans le secteur de l’éducation.

Par Milina Kouaci
Le syndicat qui s’est mobilisé afin de faire valoir sa plateforme
de revendications ponctuera, aujourd’hui, son débrayage par un sit-in de protestation devant les directions de l’Education du territoire national, indique le secrétaire général, Ali Bahari. Ce dernier fait une évaluation «satisfaisante» quant au taux de suivi de la grève, qu’il estime à 50%. « Notre mouvement a connu à son premier jour une large adhésion », dit M. Bahari qui salue l’attachement des travailleurs à leur plateforme de revendications.
D’après notre interlocuteur, les corps communs sont en colère contre « la politique d’atermoiement » du ministère de l’Education envers leurs doléances qui remontent à 2012. Cette corporation réclame en particulier le versement des primes pédagogiques et de documentation des laborantins, avec effet rétroactif, depuis leur intégration dans le secteur en 2012. « Nous avons donné un ultimatum à la tutelle pour prendre en charge nos revendications et si elle ne répond pas positivement à nos revendications, nous allons hausser le ton et aller inéluctablement vers des actions plus radicales », menace Ali Bahari. Il renvoie « l’ébullition dans le secteur au ministère qui n’a pas la volonté de régler les problèmes socioprofessionnels des travailleurs », accuse M. Bahari. « Nous allons saisir aujourd’hui le Premier ministre et lui expliquer dans un courrier ce que subit notre corporation », poursuit M. Bahari, qui souhaite « une réponse urgente pour régler les problèmes socioprofessionnels » de cette catégorie.
Depuis quelques mois, le secteur de l’éducation est confronté à des actions de grève et de protestation initiées par les syndicats autonomes du secteur. Différentes organisations syndicales manifestent leur « ras-le-bol quant au silence et à l’indifférence de la tutelle à leurs doléances socioprofessionnelles ».
Aujourd’hui, la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire organise une journée de grève nationale appuyée par des sit-in de protestation devant les directions de l’Education. Ladite coordination réclame, en effet, la revalorisation salariale et l’application du décret présidentiel 14/266 avec effet rétroactif. Elle appelle à la modification du statut particulier de sorte à reclasser les enseignants du secondaire, du moyen et du primaire au même grade de base. La coordination réclame, par ailleurs, de libérer l’école primaire de la gestion des collectivités locales et le droit de départ à la retraite anticipée sans conditions d’âge.
Au cours de la même journée, le Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep) tient une action de protestation nationale. « Dans un climat tendu et inégal dans le secteur de l’Education et devant l’entêtement de la tutelle qui adopte une politique d’atermoiement, et en signe de solidarité avec les acteurs de l’Education, le Snadep organise un sit-in de protestation devant les directions de l’Education », écrit le Snadep dans un communiqué rendu public.
Le syndicat exhorte les adhérents à participer en force à ce mouvement de protestation qui ne sera « qu’une étape dans la lutte et la radicalisation de l’action syndicale qui ne s’arrêtera qu’à la satisfaction des revendications », avertit le Snadep.
De son côté, le Syndicat algérien des travailleurs de l’Education (SATE), réuni mercredi dernier, exprime sa solidarité avec l’ensemble du personnel de l’Education. « Nous soutenons les corporations du secteur dans leurs revendications socioprofessionnelles », indique le syndicat.
A Tébessa, la section locale de l’Organisation algérienne des professeurs de l’éducation entame à partir d’aujourd’hui une grève ouverte dans les trois cycles de l’éducation. Ce syndicat dénonce « l’attitude du ministère qui ignore les revendications de son partenaire social et pousse ainsi vers le recours aux actions de protestation », ajoute ladite organisation.
Quant aux sections locales du Satef et du Snadep de Béjaïa, elles appellent les syndicats autonomes à une large coordination dans le cadre de l’Intersyndicale afin de converger au niveau national vers la prise en charge réelle des problèmes transcrits dans une plateforme de revendications commune.
Ils exigent une augmentation des salaires à 100%, augmentation des points indiciaires, l’ouverture des postes budgétaires dans les corps de l’éducation, révision du statut particulier 12-240, et l’application du décret 14-266.