La propagation accélérée de l’épidémie de Coronavirus, qui a fait plus de 100 morts en Chine, met en alerte les populations de diverses nationalités et leurs gouvernements qui appréhendent l’arrivée de ce virus dans leurs territoires avec sans doute des conséquences lourdes.

Des mesures préventives drastiques ont été vite annoncées par de nombreux pays, notamment ceux du continent asiatique et des autres continents ayant des échanges assez denses avec la Chine. L’alerte a été annoncée depuis lundi lorsque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait revu son évaluation en passant d’une menace « modérée » à une « menace élevée à l’international », alors qu’un scientifique chinois a indiqué que l’épidémie de pneumonie virale « pourrait atteindre son pic dans une semaine ou 10 jours avant de refluer».
La réévaluation de l’OMS a été vite confirmée par les nouvelles émanant de Chine, annonçant dès les premières heures de la journée d’hier un total de 4 515 cas confirmés de pneumonie causée par le nouveau coronavirus et 106 décès en Chine au moment où près de 6 000 professionnels de la santé venus de l’ensemble du pays ont été dépêchés vers la province de Hubei pour lutter contre l’épidémie du nouveau Coronavirus. La Commission nationale de la santé a déclaré, dans son rapport quotidien, que 976 patients étaient toujours dans un état critique et que 6 973 personnes étaient soupçonnées d’être infectées par le virus, lundi, en fin de journée. La même source fait également état de 60 personnes sorties de l’hôpital après leur rétablissement.
La province chinoise du Hubei (centre), lieu de départ de l’épidémie, a signalé à elle seule 1 291 nouveaux cas confirmés de pneumonie et 24 nouveaux décès. Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, qui s’est rendu à Wuhan, capitale de la province centrale du Hubei, a demandé aux autorités locales de « ne ménager aucun effort dans la tâche capitale de prévention et de contrôle de l’épidémie, en vue de réduire les taux d’incidence et de mortalité pour protéger la vie et la santé du peuple», rapporte l’agence Chine Nouvelle.
Devant l’évolution plus qu’inquiétante du virus, la Chine a reporté le début du semestre de printemps dans les écoles, collèges, lycées, universités et établissements d’études supérieures du pays, a indiqué, hier, le ministère chinois de l’Education. A Shanghai, la plus grande ville de Chine, les autorités ont décrété le report du retour au travail et à l’école pour réduire les rassemblements et bloquer la propagation de l’épidémie du coronavirus. Mais les autorités chinoises se refusent tout affolement rassurant les Nations unies quant à leurs capacités à y faire face.
« La Chine a une totale capacité et confiance pour gagner la bataille contre l’épidémie de pneumonie virale », a affirmé l’ambassadeur chinois Zhang Jun au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, selon un communiqué de la mission diplomatique chinoise auprès des Nations unies. «La Chine travaille avec la communauté internationale dans un esprit d’ouverture, de transparence et de coordination scientifique », a assuré l’ambassadeur chinois, selon le communiqué de ses services. «Avec un grand sens de responsabilités, la Chine n’épargne aucun effort pour freiner la propagation de la maladie et sauver des vies », a-t-il ajouté. Selon le communiqué, Antonio Guterres lui a répondu que l’ONU avait « une totale confiance dans la capacité de la Chine à contrôler l’épidémie et était prête à lui fournir tout soutien et aide nécessaires».
Contamination en Allemagne, des cas en France et au Japon
Le premier malade confirmé au coronavirus en Allemagne a été contaminé par une autre personne sur le sol allemand même, ont annoncé mardi les autorités sanitaires de l’Etat régional de Bavière où le patient est hospitalisé. Il s’agit du premier cas de contamination entre humains sur le sol européen, les autres patients signalés en Europe ayant été infectés lors d’un séjour en Chine. L’existence de ce premier malade allemand confirmé avait été communiquée lundi soir, sans plus de détails. Il s’agit d’un homme âgé de 33 ans travaillant pour un équipementier automobile en Bavière, dans le sud de l’Allemagne, qui a été contaminé en janvier par une collègue venue de Chine pour une formation, ont précisé les autorités sanitaires. Cette salariée chinoise a séjourné du 19 au 22 janvier en Allemagne et à son retour dans son pays « s’est sentie malade », a précisé le directeur de l’Office sanitaire bavarois. En France, c’est un quatrième cas de contamination par le coronavirus qui a été détecté. C’est un touriste chinois âgé qui se trouve dans un «état clinique sévère », a annoncé mardi le directeur général de la Santé. Hospitalisé à Paris, cet homme vient de la province du Hubei, la plus touchée de Chine, et se trouve actuellement en réanimation.
Par ailleurs, les autorités japonaises ont annoncé hier la présence dans leur territoire d’un cas du nouveau coronavirus chez un homme ne s’étant pas rendu en Chine mais ayant véhiculé des touristes en provenance de Wuhan, berceau de la maladie. Il s’agit d’un sexagénaire originaire de la ville touristique de Nara, qui avait conduit dans un bus en janvier deux groupes de touristes de Wuhan et a été hospitalisé samedi avec des symptômes similaires à ceux de la grippe, a indiqué le ministère nippon de la Santé. S’en est suivi alors la décision d’envoyer à Wuhan un avion pour évacuer environ 200 ressortissants japonais de cette ville du centre de la Chine. « La partie chinoise nous a fait savoir qu’elle était maintenant prête à accepter un vol charter. Le premier vol pour l’aéroport de Wuhan partira ce soir, et nous apporterons également des fournitures telles que des masques et des combinaisons de protection pour les Chinois ainsi que pour les ressortissants japonais», a expliqué le ministre des Affaires étrangères. Le gouvernement nippon pense qu’environ 200 ressortissants résidant à Wuhan seront à même d’embarquer dans cet appareil qui décollera mercredi aux premières heures de la ville mise en quarantaine et devrait arriver dans la matinée à l’aéroport de Tokyo-Haneda. Du personnel médical prendra place à bord et les personnes présentant des symptômes comme une forte fièvre seront directement conduites à l’hôpital à leur arrivée, ont précisé des fonctionnaires du ministère de la Santé, cités par des médias.