Face à la hausse des cas de Covid-19, la chancelière allemande Angela Merkel a prôné mercredi de nouvelles restrictions en Allemagne, tandis qu’aux Etats-Unis, le président élu Joe Biden promet la campagne de vaccination «la plus efficace de l’histoire américaine».

Par Yacine LE FORESTIER
«Le nombre de contacts» entre personnes «est trop élevé, la réduction du nombre de contacts est insuffisante», a déclaré Mme Merkel devant la chambre des députés. Elle a jugé «justifiées» les propositions d’un groupe d’experts visant à la fermeture au plus tard entre Noël et la mi-janvier de tous les magasins non alimentaires et des écoles notamment. Et la chancelière a exhorté à réduire «au minimum» les contacts d’ici les fêtes, évoquant la possibilité d’avancer le début des vacances scolaires. Il faut tout mettre en oeuvre pour éviter une «progression exponentielle» du nombre de cas, a martelé Mme Merkel. L’Allemagne est en difficulté face à la deuxième vague, enregistrant au cours des dernières 24 heures un nombre record de décès, à 590, alors qu’elle avait été saluée pour sa gestion de la pandémie durant la première vague au printemps.

100 millions de doses
Le Luxembourg voisin, pays européen où le coronavirus circule le plus intensément, a décidé mercredi de prolonger les restrictions jusqu’au 15 janvier au moins. De son côté, le président élu des Etats-Unis Joe Biden a promis de mettre en place, dans les 100 premiers jours de son mandat, «la campagne de vaccination la plus efficace de l’histoire américaine» avec l’injection de 100 millions de doses de vaccins. Les vaccins de Pfizer et Moderna se prennent en deux doses. L’équipe du président sortant Donald Trump a prévu d’avoir vacciné 100 millions de personnes d’ici mars 2021. Dans les 100 premiers jours également, le président élu ordonnera le port du masque dans les lieux sur lesquels il a autorité — bâtiments fédéraux, trains, avions et bus assurant les transports entre Etats américains — tout en poussant les gouverneurs et maires à faire de même. Dans un troisième volet, Joe Biden a prévu de faire du retour des enfants à l’école une «priorité nationale». Présentant à Wilmington, dans le Delaware, son futur ministre de la Santé Xavier Becerra et l’équipe qui sera chargée de lutter contre la pandémie lorsqu’il succédera à Donald Trump le 20 janvier, M. Biden a lancé néanmoins une mise en garde.

Pour «l’exemple»
«Sans action urgente de la part du Congrès ce mois-ci, (….) il y a une réelle possibilité qu’après une première campagne de vaccination, ces efforts ralentissent et s’arrêtent», a déclaré le démocrate en référence à la nécessité d’un accord financier pour lutter contre la pandémie. De son côté, le président sortant Donald Trump, lui aussi inquiet de la bataille logistique qui s’annonce autour de la vaccination, a signé mardi un décret affirmant la priorité à l’approvisionnement des Etats-Unis, une décision dans la droite ligne de son approche «America First». Sur le front des vaccins, Israël a reçu mercredi ses premières doses du géant pharmaceutique américain Pfizer, le chef de gouvernement Benjamin Netanyahu affirmant vouloir être le «premier» du pays à se faire vacciner afin de donner «l’exemple». Le Royaume-Uni avait, lui, lancé mardi sa campagne de vaccination contre le Covid-19, la première dans un pays occidental. Les autorités sanitaires britanniques ont néanmoins déconseillé mercredi d’inoculer le vaccin de Pfizer et BioNTech aux personnes ayant eu dans le passé d’«importantes réactions allergiques», deux personnes ayant mal réagi aux premières injections. A ce jour, cinquante-et-un candidats vaccins sont testés sur des humains, 13 étant en dernière phase d’essais, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Trois vaccins sont particulièrement avancés: le vaccin de l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech; celui du laboratoire américain Moderna; et enfin le vaccin développé par AstraZeneca et l’université britannique d’Oxford. Ce dernier est devenu mardi le premier à voir ses résultats d’efficacité validés par la revue scientifique de référence The Lancet, qui confirme son efficacité à 70% en moyenne.

Un quart des habitants dépistés
La pandémie a fait au moins 1.557.814 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mercredi à 11H00 GMT. Quelque 68,2 millions de cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l’épidémie. En Chine, près d’un quart des habitants de Chengdu, une ville du sud qui en compte un million, ont dû être soumis à un test de dépistage après la découverte de cas de Covid-19. Un couple de personnes âgées a été diagnostiqué lundi comme étant porteur du virus et, depuis, les autorités se sont employées à retracer leurs cas contacts et à analyser des échantillons de nourriture. Les écoles et les crèches du quartier de Pidu, où les cas sont apparus, ont été fermées. Chypre a annoncé mercredi la fermeture des bars, restaurants et centres commerciaux jusqu’au 31 décembre, le nombre de cas ayant considérablement augmenté depuis septembre. «Le virus est partout, dans toutes les villes, villages et districts», a déclaré le ministre de la Santé, Constantinos Ioannou. (Source AFP)