Même si Thomas Bach, président du Comité olympique international (CIO), pense qu’il est trop tôt pour décider du report des Jeux olympiques 2020 de Tokyo (Japon), les différentes instances nationales commencent à pousser pour provoquer la reprogrammation de l’événement à une date ultérieure.

Il manquerait 43% des 11.000 athlètes attendus pour participer aux olympiades japonaises. Rien que ça. La propagation du coronavirus vient perturber le déroulement des tournois qualificatifs pour le rendez-vous quadriennal. De quoi contrarier les plans du CIO ? Pas vraiment non. Jusqu’à vendredi, le patron de la structure mondiale a voulu rester droit dans ses bottes en assurant que l’épreuve nippone sera maintenue à ses dates initiales (24 juillet au 9 août). « Nous ne vivons pas dans une bulle ou sur une autre planète (…) Bien sûr nous examinons plusieurs scénarios mais ce ne serait pas responsable aujourd’hui et ce serait prématuré de partir dans des spéculations et de prendre une décision », a assuré l’Allemand. Certaines instances mondiales le soutiennent. On citera la Fédération internationale d’aviron (Fisa), que préside le Français Jean-Christophe Rolland, qui dit « comprendre et soutenir » cette position : « On est encore loin du 24 juillet. Face à cette crise totalement inédite, nul ne peut prédire avec certitude son évolution et de nombreux scénarios sont possibles.»
L’Espagne
après les USA
Derrière cette obstination, il y a des enjeux économiques non-négligeables. 5,7 milliards de dollars, c’étaient les recettes lors des JO-2016 de Rio de Janeiro (Brésil). En cas de report ou annulation, « le risque d’indemnisation est à considérer en cas de report ou pire d’annulation. Et les conséquences financières vont ruisseler sur le sport en général », a constaté Mme Nenon-Zimmermann, directrice générale à Paris de l’agence de marketing sportif Only sports & passion, spécialiste du sport olympique. Derrière les droits TV et sponsoring, « il y a aussi toute une économie liée à ‘l’activation’ des droits », qui emploie plusieurs centaines de milliers de personnes dans le monde. C’est toute une machine qui sera entravée.
Aux JO, l’athlétisme reste une discipline phare. Ainsi, le possible désistement des sportifs à ce niveau pousserait le CIO à revoir sa feuille de route. Après les États-Unis samedi, l’Espagne sollicite l’instance olympique majeure pour un report. « Le conseil d’administration de la Fédération royale espagnole d’athlétisme, au nom de la majorité des athlètes espagnols, préconise le report des Jeux olympiques de Tokyo 2020 », a indiqué, hier dans un communiqué, la Fédération royale espagnole d’athlétisme (RFEA). Un autre coup de pression pour Bach et son bureau qui pourraient changer de posture devant cette donne.
Il faut reconnaître qu’avec les contrôles antidopage qui sont à l’arrêt, les athlètes qui voient leur préparation perturbée et les dispositions psychologiques qui ne sont pas vraiment optimales à cause des ondes négatives de cette pandémie, les joutes seraient faussées. Cela ferait perdre aux Olympiades leurs symbolique et valeurs de l’olympisme qui mettent en avant l’éthique et l’égalité.n