« Aucun cas suspect ou confirmé du nouveau coronavirus », qui est apparu dans la métropole chinoise de Wuhan, dans la province du Hubei, « n’a été constaté en Algérie ». C’est ce qu’ont déclaré à nouveau, jeudi dernier, les services du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.

« A ce jour, il n’y a aucun cas suspect ou confirmé en Algérie » de cette pneumonie virale, apparue dans la ville de Wuhan dans la province chinoise de Hubei en fin décembre », ont précisé ces services, sans doute pour mettre fin aux rumeurs et aux informations erronées qui circulent sur les réseaux sociaux. Notamment après la rumeur, à Oran, qu’un ressortissant koweitien en provenance de Chine présentait des symptômes de contamination. Dans un communiqué, la cellule d’information du Centre hospitalo-universitaire de la ville (CHUO) a indiqué que ce Koweitien de 32 ans n’est pas atteint. Cette personne, ajoute la même source, a été gardée en observation pendant trois jours. Il a quitté l’établissement hospitalier après avoir subi des analyses, qui ont révélé qu’il a contracté une grippe saisonnière, dont les symptômes sont similaires à ceux du Coronavirus, et reçu les soins nécessaires. La cellule d’information du CHUO a encore précisé que le ressortissant koweitien a été pris en charge comme s’il s’agissait d’une situation d’alerte et d’« un cas confirmé par mesure de précaution et de prévention pour parer à toute éventualité ». En ce qui concerne les Algériens rapatriés de la ville de Wuhan en Chine, les services du ministère de la Santé ont indiqué, jeudi, que ces personnes, en plus des Mauritaniens et des Libyens évacués par l’Algérie à la demande de leurs gouvernements, « sont mis en quarantaine au sein d’un hôtel » près d’Alger. Leur suivi médical « renseigne sur une absence totale de symptômes liés à cette maladie », a ajouté la même source, précisant que l’ensemble des rapatriés ainsi que le personnel de cabine de l’avion qui les a transportés, « bénéficient des mesures de mise en quarantaine de 14 jours. Cela, « à l’exception du Directeur général d’Air Algérie et des quatre pilotes en raison de l’absence totale de contact avec les rapatriés durant le vol ». Deux semaines après la mise de facto en quarantaine de la province du Hubei, l’épidémie de pneumonie virale a contaminé 31 161 personnes en Chine continentale dont 636 mortellement, selon un dernier bilan officiel. Dans le reste du monde, 240 cas de contaminations ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires, dont deux mortels à Hong Kong et aux Philippines, selon les plus récentes indications hier à la mi-journée. Des centaines de touristes à bord de trois paquebots sont bloqués en Asie après l’apparition du virus à bord.
Mais l’épidémie a pris un tour politique, avec le décès du docteur Li Wenliang, un médecin de Wuhan qui avait donné l’alerte fin décembre après l’apparition du virus dans la capitale du Hubei. Avec sept autres personnes, il avait, pour ce motif, été convoqué par la police, qui l’avait accusé de propager des rumeurs. Le docteur Li, âgé de seulement 34 ans, est mort à l’Hôpital central de la ville coupée du monde depuis le 23 janvier avec ses 11 millions d’habitants. Ophtalmologue, il a contracté la maladie en soignant un patient. Réagissant promptement à la colère populaire, le pouvoir central a annoncé l’ouverture d’une enquête sur « les circonstances entourant le décès du docteur Li Wenliang, telles qu’elles ont été rapportées par les masses » et l’envoi sur place d’une équipe d’enquêteurs. Des médias publics comme la Télévision nationale CCTV et le quotidien Global Times avaient, dans un premier temps, annoncé son décès dès jeudi soir, avant de retirer cette information des réseaux sociaux. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait même réagi, sans attendre la confirmation de l’hôpital, en exprimant sa tristesse.