La Corée du Sud ne délivre plus de nouveaux visas ou de prolongations aux enseignants chinois des Instituts Confucius de la péninsule, dans un contexte de tensions sur un projet de déploiement de bouclier antimissiles américain, selon la presse et un responsable.

Des centaines d’Instituts Confucius dans le monde font la promotion de la culture traditionnelle et de la langue chinoises dans le cadre de la politique de soft power menée par Pékin à l’étranger. Ils ont été contestés par des universités occidentales pour des questions de libertés académiques. Des dizaines de branches ont été ouvertes en Corée du Sud en partenariat avec les universités locales. Mais Séoul et Pékin s’opposent de plus en plus sur le déploiement en Corée du Sud du système antimissiles américain THAAD. Ce projet est destiné à faire face aux menaces de la Corée du Nord, qui a multiplié en 2016 les tirs de missiles et mené deux essais nucléaires. La Chine voit d’un très mauvais oeil un tel déploiement, craignant que le bouclier ne nuise à ses propres capacités balistiques. Elle a adopté une série de mesures perçues par Séoul comme des représailles économiques, par exemple en empêchant les stars de la K-pop (pop coréenne) de se produire sur le continent. Selon l’agence sud-coréenne Yonhap, reprise hier par l’AFP, les services d’immigration sud-coréens ont cessé de délivrer des visas nouveaux ou de prolonger les visas existants des enseignants chinois. La Corée du Sud compte 22 Instituts Confucius, au troisième rang derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, a ajouté l’agence Yonhap hier mercredi. Une responsable de l’Université nationale d’Andong, dans le sud de la Corée du Sud, qui abrite un Institut Confucius employant sept enseignants chinois, a confirmé ces informations. « La totalité des visas E2 pour les nouveaux enseignants sont rejetés depuis fin 2016 », a-t-elle dit, en référence aux visas accordés aux professeurs. Ces enseignants étaient employés et payés par les autorités chinoises en violation des règles qui veulent que les détenteurs de ces visas soient embauchés et payés par des employeurs sud-coréens, selon la même source. « La pratique a été tolérée pendant des années (…), jusqu’à récemment ». R. I.