Le géant industriel sud-coréen est rattrapé par plusieurs affaires de corruption et de pots-de-vin. Le patron de Samsung a été placé, hier en détention provisoire. Cette décision intervient dans le cadre de l’enquête sur le scandale de corruption qui a destitué la présidente sud-coréenne Park Geung-Hye.

Lee Jae-Yong, n’est pas seulement vice-président de Samsung Electronics, mais il est également le fils du président du groupe, devenu le patron de facto de Samsung après la crise cardiaque de son père en 2014. Parmi les soupçons qui pèsent sur lui figure entre autres l’accusation d’avoir versé près de 40 millions de dollars de pots-de-vin à la confidente de l’ombre de Mme Park, en contrepartie de faveurs politiques. Un porte-parole du tribunal auquel les enquêteurs chargés de l’affaire avaient demandé de délivrer un mandat d’arrêt a indiqué dans un communiqué qu «il est avéré qu’il est nécessaire d’arrêter M. Lee à la lumière d’un nouveau chef d’accusation et de nouvelles preuves». M. Lee avait déjà été placé dans un centre de détention en attendant la décision de la justice. Il devra y rester en attendant une inculpation et un procès éventuels. Le tribunal a refusé de délivrer un second mandat d’arrêt contre un autre cadre de Samsung, qui dirige également la Fédération équestre de Corée, jugeant son rôle minime. Samsung n’a pas manqué de réagir dans un communiqué assurant n’avoir «payé aucun pot-de-vin ni fait de demandes de faveurs inappropriées à la présidente» en indiquant que «nous ferons de notre mieux pour que la vérité soit dévoilée lors du processus judiciaire ultérieur». Ce placement de Lee en détention constitue une onde de choc pour le géant, qui pèse un cinquième de l’économie sud-coréenne. «C’est un coup à court terme pour l’image de marque de Samsung en tant qu’acteur international» a estimé Greg Rog, analyste chez HMC Investment Securities. De son coté, Lee Seung-Woo, d’IBK Investment Securities, explique que le groupe « pourrait s’abstenir d’effectuer des investissements à long terme comme des fusions à l’étranger ou des acquisitions. Le scandale est centré sur l’amie de 40 ans de la présidente, Choi Soon-Sil, soupçonnée de s’être servie de son entregent pour contraindre les grands groupes industriels à donner près de 70 millions de dollars à des fondations douteuses sous son contrôle. Samsung est celui qui s’est montré le plus généreux.
Il a également versé à Mme Choi des millions d’euros, sous couvert de financer en Allemagne les entraînements sportifs de cavaliers sud-coréens, parmi lesquels la fille de Mme Choi. Il faut savoir que les enquêteurs cherchent à savoir si les versements de Samsung ont servi à acheter le feu vert du gouvernement à la fusion controversée de deux de ses unités, Cheil Industries et Samsung C&T, en 2015.