Les deux étoiles du football sud-américain et mondial Lionel Messi et Neymar se sont lancés, dès hier et jusqu’au 10 juillet, au Brésil dans la quête d’un titre en Copa América qui les fuit tout autant qu’un sacre mondial, pour l’instant. Le Brésilien du PSG sera le premier en lice avec la Selaçao face au Venezuela à l’heure où nous mettions sous presse pour le match d’ouverture du tournoi.
Ils sont assurément les deux stars du tournoi. Mais ils ont aussi le point commun de ne l’avoir jamais remportée, comme la Coupe du Monde. Lionel Messi et Neymar seront les deux attractions d’une Copa America qui débute dimanche avec la rencontre entre le Brésil et le Venezuela. L’Argentin du Barça et le Brésilien du PSG l’aborderont avec les plus grandes ambitions.
La compétition, reportée d’un an comme l’Euro en raison de la pandémie de Covid-19, a finalement été maintenue jeudi par la Cour suprême brésilienne, malgré de puissantes et nombreuses oppositions liées au Covid-19, dont celles du sélectionneur brésilien Tite ou de son homologue argentin Lionel Scaloni.

LA MENACE COVID-19
Le Brésil de Jair Bolsonaro, pourtant l’un des pays les plus touchés par le coronavirus avec quelque 477.000 décès, a accepté la semaine dernière d’organiser l’épreuve après les désistements de dernière minute de l’Argentine et de la Colombie, également très affectées par la pandémie.
Le Covid a d’ailleurs déjà touché une sélection, celle du Venezuela, à la veille de son entrée en lice: onze membres de la délégation vénézuélienne, dont huit joueurs, ont été testés positifs, selon leur fédération. Les identités n’ont pas été révélées, mais le capitaine de la Vinotinto, Tomas Rincon, a annoncé son test positif et son forfait pour le tournoi, lui qui était resté vendredi à Caracas à l’isolement. Pour pallier ces absences, le sélectionneur José Peseiro a appelé 15 nouveaux joueurs pour disputer la compétition. Ils devaient rejoindre le groupe samedi. Le Brésil avait organisé la précédente Copa América, en 2019. Même privée à l’époque de Neymar, blessé, la Seleçao s’était imposée, comme lors des quatre autres fois où le tournoi sud-américain s’était disputé sur son sol (1919, 1922, 1949, 1989). Le Brésil possède les meilleures infrastructures d’Amérique latine après avoir organisé la Coupe du monde 2014. Le match d’ouverture opposera le Brésil au Venezuela au stade Mané-Garrincha de Brasilia, dimanche (23h00 françaises). La finale sera jouée le 10 juillet au stade Maracana.

PROPHÈTE EN SON PAYS ?
Dans ce climat particulier, la star du Barça Lionel Messi, qui fêtera ses 34 ans le 24 juin, tentera de conjurer le sort qui s’acharne contre lui dans cette Copa América, avec trois finales perdues (2007, 2015, 2016), les deux dernières aux tirs au but contre le Chili. Un sacre au stade Maracana de Rio serait en outre une belle revanche pour le capitaine de l’Albiceleste qui y avait été battu en finale du Mondial 2014 par l’Allemagne (1-0 a.p.). Mais la sélection argentine n’a plus remporté de compétition internationale depuis 28 ans et a multiplié les grossières erreurs défensives ces derniers temps.
Sur ses terres, le Brésil, tenant du titre, sera une fois encore le grand favori. Avec neuf titres, il n’est devancé au palmarès de l’épreuve que par l’Uruguay (15) et l’Argentine (14). La Seleçao survole les qualifications sud-américaines pour le Mondial 2022 au Qatar avec six victoires en autant de matches, loin devant l’Argentine (2e avec trois victoires et trois nuls). Le sélectionneur Tite a su renforcer sa défense, tout en conservant la fraîcheur offensive de joueurs exceptionnels comme Neymar (PSG), qui n’a remporté qu’un titre olympique en sélection, Gabriel Jesus (Manchester City) ou Gabriel «Gabigol» Barbosa (Flamengo).

L’URUGUAY EN OUTSIDER
Avec le Brésil, pays organisateur, et l’Argentine de Messi, l’Uruguay sera l’autre prétendant au titre avec ses deux redoutables buteurs Luis Suarez (champion d’Espagne avec l’Atlético) et Edinson Cavani (Manchester United). De son côté, le sélectionneur de la Colombie Reinaldo Rueda a parié gros en se passant des services du milieu offensif d’Everton James Rodriguez. Le Chili, sacré pour la première fois de son histoire en 2015 à domicile, puis à nouveau l’année suivante aux Etats-Unis, semble pour sa part arriver à la fin d’un cycle et aura sans doute beaucoup de mal à trouver une relève digne de la génération des Arturo Vidal et Alexis Sanchez (tous deux champions d’Italie avec l’Inter), qui seront toutefois encore présents au Brésil. Le Pérou, enfin, vice-champion en titre, est en totale reconstruction et ne devrait pas être en mesure de renouveler sa performance de 2019. Les dix pays sud-américains seront répartis en deux poules de cinq: l’Argentine, la Bolivie, le Chili, le Paraguay et l’Uruguay s’affronteront dans le groupe A; la Colombie, le Brésil, l’Equateur, le Pérou et le Venezuela dans le groupe B. Les quatre premiers de chaque groupe seront qualifiés pour les quarts de finale.