Le proverbe dit que « nul n’est prophète en son pays ». Mais pour reprendre le premier mot de cette expression, « nul » en l’occurrence, on dira que ceux qui sont dotés de génie ne peuvent qu’être exceptionnels. C’est le cas de Lionel Messi. Le numéro 10 de l’Argentine, longtemps condamné à vivre dans l’ombre du regretté Diego Maradona, a fini par chasser la guigne avec sa sélection. Multi-titré avec son club le FC Barcelone, la Pulga n’avait jamais rien gagné avec son équipe nationale. Une anomalie corrigée dans la nuit de samedi à dimanche avec le sacre en Copa América que les Argentins attendaient depuis 28 ans.

Par Mohamed Touileb
C’est dans le stade mythique Maracanã, face au Brésil (victoire 1 but à 0) en finale, qu’il a signé son avènement. L’image était édifiante. Au coup de sifflet final, l’ensemble des joueurs argentins se sont dirigés vers un seul homme : Lionel Messi. Leur providence. Celui qui aura tout donné pour les emmener le plus loin possible dans cette Copa América.

Impliqué dans 75% des buts !
Oui, il n’a pas marqué en demie (il a tout de même délivré la passe décisive) contre la Colombie, ni en finale. Mais l’apport de « Léo » ne se résume pas à faire trembler les filets ou signer des offrandes. Et puis, même si cela était référence pour situer la qualité de la performance, il fait savoir que, dans ce registre, le meneur de jeu du « Tango » a donné le tempo. On parle du meilleur buteur (4 réalisations) et du meilleur passeur (5 offrandes) du tournoi. Il a été impliqué dans 9 des 12 fois où l’Argentine a fait mouche. Soit une participation de 75% des buts. Ébouriffant !
En outre, Messi a réalisé 33 dribbles et créé 21 occasions. Aucun autre footballeur ayant pris part au rendez-vous n’a fait mieux. C’est donc logiquement qu’il a été élu MVP de l’épreuve sud-américaine qui l’a boudé à trois reprises (2007, 2015 et 2016). Cette fois, la reine n’a pas pu résister à l’enfant de Rosario. Il a fini par le convaincre de procéder à son avènement au sommet du continent.
Dans cette ultime ascension, il a pu compter sur ses compères en sélection dans les moment où il a manqué d’inspiration comme lors de la finale contre la « Seleçao ». Que ce soit l’excellent portier Emiliano Martinez, auteur de 3 parades en demies lors des tirs au but, ou Angel Di Maria, unique buteur contre les Brésiliens en finale, Le Barcelonais a, cette fois, trouvé des coéquipiers qui ont tout donné pour ne pas le voir frustré comme ce fut le cas lors des dernières années.

Centre d’attentions et d’attraction
En terre du foot, au Pays de la Samba et de Pelé, le sextuple Ballon d’Or aura mis tout le monde d’accord. Il a, plus que jamais, fait un pas de plus dans le panthéon des meilleurs joueurs de tous les temps. Messi, c’est exceptionnel. C’est remarquable. Il n’est pas vraiment « approprié » de se focaliser sur un seul élément dans ce sport collectif qu’est le football. Mais le quintuple Soulier d’Or est le centre d’attentions.
A lui seul, il est le concentré de tout ce qu’on peut faire avec le ballon : soyeux toucher, passes clés, passes D, buts d’anthologie et coups francs d’exceptions. C’est Léo, c’est le brio. Du coup, il ne méritait que l’or autour du cou. Désormais, il lui reste cette autre moitié du rêve qu’est de soulever la Coupe du Monde. Le triomphe ultime qu’il a vu filer entre ses mains en 2014. Qui sait ? Peut-être qu’en 2022 au Qatar, il forcera les choses et clôturera sa superbe carrière en apothéose. n