Les universitaires membres de la CNUAC réitèrent à travers cette déclaration leur adhésion totale au mouvement populaire pacifique du 22 février 2019, le Hirak. Ils rappellent qu’ils continuent de se tenir mobilisés parmi et avec leurs concitoyens en soutenant leur principale revendication, à savoir la rupture avec le système politique en place en faveur d’une transition démocratique.
Les membres de la CNUAC ont toujours œuvré à jeter des ponts entre toutes les initiatives émanant d’universitaires dont les motivations et les revendications s’inscrivent en droite ligne de celles du mouvement populaire. En effet, l’université doit constituer une force de veille et de propositions en s’impliquant et en donnant du sens et de la profondeur aux différentes expressions populaires mais se doit également d’alerter les citoyens dans les situations dangereuses.
Face à la grave crise sanitaire mondiale causée par le Covid-19, et la rapide évolution de cette pandémie dans notre pays, les membres de la CNUAC, conscients et conscientes de l’état dans lequel ce système politique prédateur a placé le système de santé, et en accord avec le Collectif de médecins Amana, proposent à leurs concitoyens de suspendre momentanément tout rassemblement et tout particulièrement les marches hebdomadaires de mardi et vendredi.
Cette suspension temporaire, et ce sur tout le territoire national, ne constitue en rien un renoncement à la lutte contre un régime qui a détruit la santé publique, nous laissant désarmés face à cette pandémie. Nous devons prendre soin de nous-mêmes, collectivement, puisque ce régime s’en est avéré incapable : malgré la formidable embellie financière des années 2000, un seul centre de virologie est en mesure d’assurer le dépistage des personnes atteintes par le virus sur tout le territoire national. Maintenir les marches dans la situation actuelle ne constitue pas un acte de résistance. Nous devons approfondir notre combat par le recours à d’autres formes de lutte, comme par exemple mais sans exclusive : journées «villes mortes» les mardis et vendredis. Les membres de la CNUAC sont convaincus que le Hirak, dans son intelligence collective, saura trouver d’autres formes de lutte pacifique et préserver son unité.
La CNUAC réitère son appel à la libération de tous les détenu-e-s du Hirak, dont la situation est particulièrement précaire, et dont les conditions de détention ne peuvent que favoriser la propagation du virus au sein de la population carcérale. De même, la CNUAC réitère son appel pour un arrêt définitif des pratiques répressives en cours.
Pour le suivi de l’évolution de l’épidémie en Algérie, la CNUAC invite l’ensemble des concitoyens et concitoyennes à consulter le site : itriinsights.com/coronavirus-algérie.