Le ministre de la Pêche et des Productions halieutiques, Sid-Ahmed Ferroukhi, a appelé la commission mixte chargée d’élaborer une feuille de route de coopération entre son secteur et celui du Travail, à proposer de nouveaux dispositifs pour répondre aux attentes des professionnels de la mer, socioprofessionnelles notamment. Cette commission, installée, hier, à Alger par le ministre Ferroukhi Sid-Ahmed ainsi que celui du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Chawki Acheuk Youcef, aura, comme première mission, l’évaluation des dispositifs mis en œuvre dans le secteur de la pêche ainsi que dans la production halieutique. Recenser également les succès stories dans ce domaine, les microactivités en déficit ou en difficulté et surtout assurer un accompagnement aux professionnels de la mer dans l’exercice de leurs métiers. «Le développement durable se construit plus sur les hommes que sur les moyens. C’est le cas dans le secteur de la pêche. Les marins surtout sont les plus défavorisés vu les conditions difficiles dans lesquelles ils travaillent. Nous sommes tenus de leur assurer les meilleures conditions socioprofessionnelles», a souligné
M. Ferroukhi, exhortant la commission à faire des propositions concrètes, prêtes à l’emploi, dans trois semaines au plus tard. Pour lui, la situation est urgente et les actions concrètes doivent être proposées à court terme tandis que l’évaluation peut aller à long terme. «Cette rencontre aujourd’hui entre dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action du gouvernement», a-t-il précisé. Le ministre du Travail a insisté, quant à lui, sur l’impératif de faire bénéficier cette catégorie de travailleurs d’une protection et d’une couverture sociale, leur permettant notamment d’avoir une retraite confortable. Mais aussi de la médecine du travail, une nécessité vu les dangers et les risques auxquels les gens de la mer, les marins surtout, sont confrontés. «Les guichets de la Sécurité sociale itinérants sont appelés à se rapprocher des professionnels de la mer dans les ports et leurs milieux de travail, afin de les sensibiliser sur leurs droits et leurs devoirs. C’est aussi pour leur éviter le déplacement», a-t-il expliqué, soutenant que des conventions sur la médecine de travail pour cette catégorie de travailleurs existent déjà. Il s’agit maintenant de les améliorer. Le ministre a jugé nécessaire aussi d’accorder un grand intérêt à l’entrepreneuriat dans ce secteur, via les dispositifs Cnac et Ansej. «La production halieutique est en plein essor et il faudra faire en sorte d’inciter à la création d’entreprises et de start-up dans ce domaine», a-t-il estimé. M. Ferrouki a assuré, dans ce contexte, qu’un intérêt particulier est accordé aux jeunes qui intègrent ce secteur au niveau du littoral ou en milieu rural. «Il est vrai que la protection sociale n’est pas du domaine de mon département, mais je suis prêt à jouer le rôle d’intermédiaire entre le ministère du Travail et les professionnels du secteur de la pêche pour les soutenir et assurer aux jeunes les meilleures conditions socioprofessionnelles possibles», a-t-il assuré, appelant à non seulement évaluer les dispositifs en vigueur mais aussi à les revoir. Il a fait part, à ce propos, des nouvelles activités introduites dans ce secteur, comme la production halieutique. «Des femmes ont aussi créé des activités dans ce secteur. Il faudra donc revoir les dispositifs pour répondre aux nouvelles préoccupations», a-t-il conclu.