Avec une moyenne de 2,1 milliards de dollars de flux d’échanges commerciaux, dominés à 80% par les hydrocarbures, il est vrai que l’Algérie et les Pays-Bas peuvent faire mieux !

Et c’est ce à quoi vont justement s’employer les deux gouvernements, notamment à travers l’instrument de coopération qu’est la commission mixte, dont la réunion s’est achevée hier sur une série de recommandations et de mesures propres à impulser la coopération économique dans les années à venir.
Dans une déclaration à la presse à la clôture de la 3e session de la Commission mixte de coopération économique et technologique algéro-néerlandaise, le ministre des Affaires étrangères, M. Abdelkader Messahel, a affirmé que cette commission mixte, qu’il a coprésidée avec son homologue néerlandais, Stef Blok, a offert aux deux parties «l’opportunité de procéder à un bilan exhaustif des relations et de la coopération bilatérale sur les deux dernières années et de mettre en perspective les priorités à venir pour les relations bilatérales, particulièrement dans les secteurs qui nous semblent porteurs et d’une importance potentielle à l’instar des secteurs de l’énergie, des transports maritimes, de l’industrie, de la PME/PMI, de l’agriculture et des TIC». Certes, concrètement, les deux pays ont signé un accord «important» de non double imposition «dont l’intérêt est qu’il vient utilement compléter l’accord sur la promotion des investissements réciproques signé en 2007», mais toujours est-il que la partie algérienne souhaiterait voir davantage de «partenariats industriels et de joint-ventures dans le cadre de la substitution aux importations et de la promotion du ‘’made in Algeria’’». A ce propos, M. Messahel a jugé utile de rappeler à son hôte que le pays est entré dans une phase de «sauvegarde», expliquant que «devant la diminution de nos recettes d’exportation, le gouvernement a été amené à prendre des décisions impératives dont l’objectif est le rétablissement des équilibres du budget de l’Etat et d’éviter la spirale de l’endettement extérieur». «Ces restrictions budgétaires ne concernent que les opérations commerciales proprement dites et sont également motivées par notre souci d’encourager le ‘’made in Algeria’’», a-t-il indiqué. «Nous fondons ainsi de grands espoirs sur les travaux de notre commission pour encourager l’établissement d’entreprises algéro-néerlandaises qui puissent, dans le cadre de joint-ventures, produire localement et commercialiser, ensemble, des produits dont les prix de revient seraient certainement compétitifs au vu des facteurs de proximité géographique avec l’Europe, des prix des intrants locaux et d’une main-d’œuvre algérienne qualifiée et peu coûteuse», a-t-il plaidé.
Sur le plan international, il a fait savoir que les deux parties ont procédé «à un large tour d’horizon» des principales questions d’intérêt commun, tout particulièrement la question du Sahara occidental, la situation au Mali et dans le Sahel, le dossier libyen, la question du terrorisme et du crime organisé transnational ainsi que la problématique de la migration. Sur ce point, «nous sommes convenus de l’importance de l’échange de nos expériences respectives en matière de déradicalisation», a déclaré M. Messahel. Le chef de la diplomatie néerlandaise, qui a entamé mardi dernier une visite de travail de deux jours en Algérie dans le cadre de la 3e session de la Commission mixte, a été reçu par le Premier ministre Ahmed Ouyahia et s’est  entretenu avec les ministres des Finances, de l’Agriculture, de l’Industrie et des Mines et des Travaux publics et des Transports.