Par Feriel Nourine
Les relations entre l’Algérie et l’Italie sont en train de traverser une dynamique favorable au renforcement de la coopération entre les deux pays et à la consolidation de ces relations séculaires.
La visite attendue en Algérie du Premier ministre italien, Mario Draghi, à l’invitation de Abdelmadjid Tebboune, s’inscrit dans cette perspective et s’annonce d’ores et déjà comme une opportunité pour un partenariat encore plus solide et stratégique dans plusieurs domaines et secteurs. Vitrine d’un partenariat bilatéral privilégié, le secteur des hydrocarbures vit au rythme d’une série d’accords entre Sonatrach et ENI qui rapprochent davantage les deux compagnies, alors que l’engagement de l’Algérie à augmenter ses livraisons de gaz à l’Italie témoigne de l’excellence qui caractérise la coopération algéro-italienne sur ce registre. Ceci d’autant que l’initiative algérienne intervient dans une conjoncture marquée par de fortes perturbations du marché gazier sous l’impact notamment de la guerre en Ukraine.
Les relations algéro-italiennes ont connu une consolidation lors de la visite effectuée en Algérie, le 6 novembre 2021, par le Président italien, Sergio Mattarella, lors de laquelle Abdelmadjid Tebboune avait, notamment, assuré de la continuité de l’acheminement du gaz algérien vers l’Italie et que, surtout, «les prix de vente du gaz ne connaîtront pas d’augmentation».
L’Italie est le premier client de l’Algérie, s’approvisionnant annuellement de plus du tiers du gaz algérien exporté. Par ailleurs, elle est le deuxième pays fournisseur de
l’Algérie en tant qu’Etat-membre de l’Union européenne. Selon les statistiques arrêtées au premier semestre de 2021, l’Algérie a exporté pour près de 3 milliards de dollars américains vers l’Italie et importé pour 1,23 milliard de dollars.
Le partenariat entre les deux pays dispose sans doute d’un potentiel d’opportunités dans d’autres secteurs qui peuvent transcender l’aspect commercial des échanges et s’inscrire sur des bases d’investissements italiens en Algérie mais aussi d’apport d’expérience italienne dans plusieurs secteurs économiques.
Pareille démarche viendrait donner plus de tonus au dialogue politique entretenu par les deux pays depuis des décennies et qui est continuellement appelé à s’actualiser afin de faire face aux défis régionaux auxquels ils se trouvent confrontés, notamment en matière de sécurité.
Plusieurs délégations d’hommes d’affaires italiens se sont succédé en Algérie depuis plusieurs années, en quête d’opportunités qui transformeraient la structure des relations commerciales entre les deux pays en relations économiques solides basées davantage sur des investissements productifs, à l’instar de ce qui se fait dans le secteur de l’énergie en Algérie.
En matière d’expérience italienne, celle acquise dans les PME-PMI et les startups est toujours la bienvenue, notamment en cette période où des entreprises du secteur sont en train de voir le jour, alors que d’autres souhaitent retrouver la voie du développement après les durs moments passés sous l’impact de la pandémie de la Covid-19.
Parmi les secteurs susceptibles de drainer des investissements italiens en Algérie, celui du tourisme et de l’artisanat a été évoqué, il y a à peine trois semaines, par le ministre de tutelle, Yacine Hamadi, et l’ambassadeur d’Italie à Alger, Giovanni Pugliese.
Les opportunités de développement des relations de coopération bilatérale ont été présentées par le ministre, mettant en avant «les efforts consentis par les pouvoirs publics pour promouvoir le secteur touristique en Algérie, un des secteurs sur lequel on mise pour contribuer à la diversification de l’économie nationale, notamment dans les
domaines d’investissement et de la formation touristique et hôtelière».
Dans cette optique, un voyage de découverte au profit des opérateurs touristiques et économiques italiens sera organisé dans les meilleurs délais, en vue de «vulgariser les potentialités touristiques dont recèle l’Algérie, notamment dans le domaine du tourisme saharien et culturel», a annoncé M. Hamadi.
Pour sa part, l’ambassadeur italien a fait part de la volonté de son pays de «consolider la coopération bilatérale dans les différents domaines, notamment dans le domaine du tourisme et de l’artisanat, mettant en avant «les potentiels et les moyens énormes de l’Algérie qui en font une destination touristique pionnière». <