Par Hamid Bellagha
Le compteur des contaminations s’affole. Le ministre de la Santé aussi. Toutes les directives qu’il avait ordonnées aux directeurs de santé de wilaya sont restées quasiment lettre morte. Des malades sont souvent refusés dans certains hôpitaux, des soignants rechignent à se faire vacciner et les soins pour d’autres maladies ne sont pas effectifs.
Pourtant Benbouzid avait instruit ses troupes pour que la quatrième vague qui s’installe, avec un mélange de Delta et d’Omicron, ne trouve pas un terrain favorable pour se déployer et qu’un remake de la catastrophe de la troisième ne se reproduise pas. Mais comme les anciens le disent «Zabor, à qui lis-tu tes psaumes ?». Les centres de santé dédiés sont toujours là avec leurs tares des vagues passées, des patients sont toujours refoulés, et il n’y a «que» quelque 400 cas officiels de contaminations par jour. Un chiffre qu’il faut multiplier par 30, selon des spécialistes, pour avoir le décompte réel.
Tout cela, Benbouzid le sait. C’est pourquoi les chiffres qu’il avance, 28 % de la population inoculés, une broutille, et que les 8 décédés sur 10 enregistrés ne sont pas vaccinés, le ministre de la Santé en mesure les conséquences à l’avance et s’attend à un retour de bâton violent.
Nos 400 contaminations par jour risquent une multiplication exponentielle et nos lits de réanimation ou même de simple hospitalisation ne suffiront pas, même si on promet une quantité d’oxygène suffisante cette fois, au cas où. Le personnel de santé harassé par des mois de veille sera-t-il au rendez-vous, toujours au cas où ? Rien n’est moins sûr, et Benbouzid le sait. Lui, qui est passé par des moments terribles, lui et le personnel de son ministère, impuissants face à la horde virale destructrice.
Le compteur des contaminations. Benbouzid aussi. Tout le système de santé aussi. La population consciente aussi. Sauf celle qui « s’amuse « à quêter le moindre bidon d’huile, à réclamer des baguettes de pain, à se souffler en pleine poire dans les transports publics, sans peur, sans crainte et sans vaccination. A cause de ceux-là, le compteur des contaminations s’affole et Benbouzid, toujours, aussi.
Et l’exécutif est toujours dans l’expectative. Faut-il continuer de convaincre ou la phase du contraindre a-t-elle sonné ? La réponse s’impose d’elle-même, car «l’obligation vaccinale volontaire» a vécu. Il faut trouver d’autres formes de persuasion ou de contrainte pour que la 4e vague ne dépasse pas le stade de «projet».