Présent sur le front des revendications pour de meilleures conditions pour les pharmaciens, particulièrement dans une conjoncture d’urgence sanitaire, le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) ne baisse pas pour autant la garde sur les textes et modalités de contrôle et de vente des psychotropes.
Curieusement, la loi fixant les modalités de contrôle et de la vente des psychotropes, pour laquelle les pharmaciens se sont battus pour son élaboration, a fini par les mettre dans l’embarras jusqu’à exiger le report pur et simple de son application.
Et ce, depuis que les dispositions
du décret exécutif 19-379 du 31 décembre 2019 fixant les modalités
de contrôle administratif, technique et de sécurité des substances et médicaments ayant des propriétés psychotropes sont entrées en vigueur le 5 avril dernier et la dispensation de ce type de médicaments.
«Le décret en question est devenu problématique pour les pharmaciens», constate de prime abord le Snapo, qui tient à un ajournement de l’application de ce texte. «Depuis cette date, les malades chroniques mis sous psychotropes se retrouvent sans leurs médicaments par défaut de report officiel du décret 19-379», déplore le Snapo dans un communiqué rendu public.
Pour ce dernier, les pharmaciens sont à présent devant une situation plus que complexe. C’est un véritable «désarroi» auquel ils sont confrontés dans l’exercice de leur activité. «S’ils dispensent les médicaments psychotropes, ils seront considérés en infraction et subiront les dispositions pénales de la loi 04-18», s’indigne le Snapo, manifestement inquiet devant une situation embarrassante.
Le décret porte en effet sur toutes les opérations visant la traçabilité de ces substances et médicaments depuis la réception des matières premières jusqu’à la dispensation par le pharmacien d’officine ou le pharmacien hospitalier. Il exige dans son article 08 des officines la détention des documents relatifs entre autres au «programme d’importation de la matière première, l’autorisation d’importation de la matière première ou du produit fini (certificat officiel d’importation), délivrée conformément à la réglementation en vigueur ; le registre des entrées des matières premières destinées à la fabrication de substances et médicaments ayant des propriétés psychotropes ; le registre des sorties des produits finis à partir de la matière première ; le registre de ventilation ; le registre des matières premières, déchets ou produits non conformes.
Le pharmacien est ainsi tenu de «s’assurer» à chaque réception des substances et médicaments ayant des propriétés psychotropes des informations liées à la conformité de la facture au bon de commande émis, le numéro du lot, la quantité livrée ainsi que la date de la péremption».
Le Snapo fait remarquer que «la situation pandémique liée au Covid-19 rend l’application dudit décret sur le terrain «impossible et irréalisable», car les dispositions pratiques d’application dudit décret n’ont pas pu être mises en place.
La même organisation ajoute, dans son communiqué, que cette réglementation exposerait dans ce sens les pharmaciens, médecins du secteur public et privé à des sanctions pénales.
D’où sa montée au créneau pour réclamer le report de l’application de décret relatif au contrôle et vente des psychotropes, soulignant toutefois que le report doit être «décidé et prononcé officiellement» par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad.
«Nous avons adressé, à maintes reprises, des demandes au ministère de la Santé, afin que le report d’application soit officiellement prononcée», fait savoir le Snapo. «Il est urgent et indispensable de prononcer le report du décret 19-379, afin de rassurer les pharmaciens dans leur exercice et de permettre aux citoyens d’avoir leurs médicaments», conclut le syndicat.<